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Paysages japonais, une ode au voyage et à la poésie

Bouder Robin - 30.06.2017

Culture, Arts et Lettres - Expositions - expo paysages japonais - exposition japon paris - estampes japonaises paris


Jusqu'au 2 octobre, le Musée national des arts asiatiques - Guimet propose avec « Paysages japonais, de Hokusai à Hasui » un véritable voyage dans le temps et l'espace, en invitant le visiteur à se rendre au Japon du XIXe siècle pour admirer toute une série de peintures ayant pour thème le paysage. En tout, une centaine d'estampes japonaises issues du fond de la collection du Musée, donc la fameuse Grande Vague de Kanagawa de Hokusai. Nous avons rencontré Hélène Bayou, conservatrice-en-chef du Musée Guimet, qui nous a présenté le contenu de l'exposition.


Paysages japonais, de Hokusai à Hasui - ActuaLitté


 

Dans la rotonde du Musée Guimet, au-dessus de la bibliothèque historique, les peintures semblent avoir traversé les siècles. « Il s'agit d'une exposition exceptionnelle d'estampes, qui s'inscrit dans le cadre de présentations sans cesse renouvelées autour du fond d'art graphique japonais du musée », raconte Hélène Bayou, conservatrice-en-chef du Musée. Avec une thématique inédite, pour rassembler les œuvres : le paysage japonais.

 

Hokusai et Hiroshige, maîtres dans l'art de poétiser le paysage
 

Parmi la centaine d'estampes présentées dans « Paysages japonais, de Hokusai à Hasui », beaucoup sont signées de la main de Katsushika Hokusai, comme la fameuse Grande Vague de Kanagawa, ou de celle de Utagawa Hiroshige, auteur des Cent vues d'Edo. Les deux artistes se positionnent en tant que peintres les plus influents de leur époque, et plus grands noms de l'Ukiyo-e, ces « images du monde flottant », œuvres d'art au centre de l'époque d'Edo — ancien nom de Tokyo.

 

« Cette thématique du paysage japonais est traitée essentiellement à travers les œuvres de Hokusai et Hiroshige, et d'œuvres datées de la première moitié du XIXe siècle; néanmoins, nous essayons de suggérer des pistes de compréhension quant à la formation de ces paysages japonais tels qu'ils sont traités par ces 2 grands artistes », explique Hélène Bayou. Des lignes d'interprétation sont ainsi présentées tout au long des 7 parties de l'exposition, pour expliquer la résonance de ces estampes au XXe siècle.

 

Une même philosophie anime les peintures, et une continuité les lie malgré les époques. Descriptions de lieux célèbres du Japon ou étapes d'itinéraires, représentation des saisons ou des forces de la nature : « Le propos est de montrer que les sources d'inspiration sont permanentes; ce qui change, c'est le regard de l'artiste, la manière dont il se place par rapport à ces sources. La lecture que propose Hokusai est de diviniser la source d'inspiration, pour lui la montagne, afin de la rendre permanente, immuable; Hiroshige a plus à cœur de replacer ce contexte par rapport à une activité humaine. »

 

2500 estampes japonaises à télécharger grâce à la Bibliothèque du Congrès


Paysages japonais, de Hokusai à Hasui - ActuaLitté




Du XVIIe siècle au XXe siècle, une collection riche et variée


Et au-delà des estampes, d'autres types d'œuvres ont été réunies pour compléter la collection. « Cette présentation a fédéré nos énergies autour de fonds différents : principalement le fonds des estampes, quelques œuvres qui appartiennent à la collection de peintures, et également des photographies sélectionnées par Jérôme Ghesquière, conservateur de cette collection d'archives. » Ainsi, si les estampes permettaient à l'artiste d'organiser ses plans pour leur donner une impression de profondeur, les clichés montrent une vision différente du paysage japonais à l'arrivée des premiers appareils.

 

Et du côté des œuvres les plus anciennes, deux paravents, datables du tout début du XVIIe siècle. En somme, un éventail assez large, tant au niveau de l'art proposé que de son âge. Un fonds constitué en large partie à la fin du XIXe et au début du XXe siècle, mais qui s'est enrichi régulièrement d'acquisitions importantes depuis, y compris ces dernières années.

 

Et ce, grâce à d'utiles collaborations, et en tête de liste la Société des Amis du Musée Guimet. « La Société nous a aidés à acquérir des œuvres essentielles à la compréhension de ce parcours, dont le recueil de dessins préparatoires de Hiroshige, que nous avons acquis lors d'une vente importante. La Société nous accompagne de manière continue et régulière. » Quant aux autres œuvres, elles appartiennent au fonds ancien du musée, réunies selon une même philosophie par de grandes personnalités du mouvement du japonisme.
 

Le Musée Guimet prend bien soin de faire primer la qualité de ses expositions sur leur quantité. « Depuis quelques années, la politique d'exposition du musée est de communiquer davantage et de raréfier ces présentations d'estampes; nous organisons une ou deux présentations dans l'année, ce qui nous permet de travailler plus longuement à la fois au niveau des publications, des choix et des coopérations possibles. » Un choix dont on se félicite lors de la visite.

 

Le panorama des estampes proposées est complet : de l'avènement de l'Ukiyo-e à son essoufflement au début du XXe siècle, vous pourrez en apprendre plus sur les conventions en vigueur, l'importance presque divine des paysages pour les artistes de l'époque et les techniques de gravure utilisées pour narrer leur histoire. 

 

L'exposition a débuté le 21 juin et se tiendra jusqu'au 2 octobre prochain ; cela vous laisse largement le temps de découvrir par vous-mêmes le récit de ces poétiques estampes.


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