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Philippe Jaenada, John Edgar Wideman et Jean-Luc Coatalem, Prix Femina 2017

Béatrice Courau - 08.11.2017

Culture, Arts et Lettres - Récompenses - Femina 2017 laureat - femina romans francais - femina roman etranger


Le Jury du Fémina a tranché : c'est Philippe Jaenada, pour La Serpe (Julliard) qui vient d'être sacré pour les romans fançais. Pour les romans étrangers, c'est John Edgar Wideman, pour Écrire pour sauver une vie, le dossier Louis Till (Gallimard), traduit par Catherine Richard-Mas, qui se voit récompensé, en compagnie de Jean-Luc Coatalem qui remporte avec Mes pas vont ailleurs (Stock) le prix dans la catégorie Essais. 

 
  

Prix Femina 2017 Roman Français : Philippe Jaenada, pour La Serpe (Julliard)

 

Un matin d'octobre 1941, dans un château sinistre au fin fond du Périgord, Henri Girard appelle au secours : dans la nuit, son père, sa tante et la bonne ont été massacrés à coups de serpe. Il est le seul survivant. Toutes les portes étaient fermées, aucune effraction n'est constatée. Dépensier, arrogant, violent, le jeune homme est l'unique héritier des victimes. Deux jours plus tôt, il a emprunté l'arme du crime aux voisins. Pourtant, au terme d'un procès retentissant (et trouble par certains aspects), il est acquitté et l'enquête abandonnée. Alors que l'opinion publique reste convaincue de sa culpabilité, Henri s'exile au Venezuela. Il rentre en France en 1950 avec le manuscrit du Salaire de la peur, écrit sous le pseudonyme de Georges Arnaud.
Jamais le mystère du triple assassinat du château d'Escoire ne sera élucidé, laissant planer autour d'Henri Girard, jusqu'à la fin de sa vie (qui fut complexe, bouillonnante, exemplaire à bien des égards), un halo noir et sulfureux. Jamais, jusqu'à ce qu'un écrivain têtu et minutieux s'en mêle...
Un fait divers aussi diabolique, un personnage aussi ambigu qu'Henri Girard ne pouvaient laisser Philippe Jaenada indifférent. Enfilant le costume de l'inspecteur amateur (complètement loufoque, mais plus sagace qu'il n'y paraît), il s'est plongé dans les archives, a reconstitué l'enquête et déniché les indices les plus ténus pour nous livrer ce récit haletant dont l'issue pourrait bien résoudre une énigme vieille de soixante-quinze ans.

 




Prix Femina 2017 Roman étranger : John Edgar Wideman pour Écrire pour sauver une vie, le dossier Louis Till, traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Catherine Richard-Mas (Gallimard)

 

À l’âge de quatorze ans, John Edgar Wideman découvre dans la presse américaine une photo du visage mutilé d’Emmett Till. Tout comme Wideman, ce dernier est âgé de quatorze ans, et tout comme Wideman, c’est un Noir américain. Cette image ne cessera de le hanter. 
En 1955, Emmett Till prend le train à Chicago pour rendre visite à sa famille dans le Mississippi. Accusé d’avoir sifflé une femme blanche, l’adolescent noir est kidnappé et assassiné. Ses meurtriers, blancs, seront acquittés. Resurgit en effet durant leur procès le fantôme du père d’Emmett, Louis Till, enrôlé dans l’armée américaine à la fin de la Seconde Guerre mondiale et jugé puis exécuté pour viol en 1945. Tel père tel fils, considère le jury, aussi blanc que les accusés. 
Habité par ce fait divers qui a marqué l’Amérique, l'auteur décide d’enquêter sur les circonstances douteuses de cette exécution. Il en fait ressortir les zones d’ombre et tente de combler le silence de Louis Till. 
Faits historiques, éléments autobiographiques et fictifs s’entrelacent pour former un récit aussi personnel qu'actuel, auscultant une société américaine rongée par l’injustice et la violence.

 
 

 


Prix Femina 2017 Essai : Jean-Luc Coatalem pour Mes pas vont ailleurs (Stock)

 

Mai 1919. Victor Segalen est retrouvé mort, couché dans un petit bois, au cœur du Finistère. Partant du mystère qui entoure la mort de Segalen, suicide  ? accident  ?, Jean-Luc Coatalem suit les empreintes de l’écrivain-voyageur, breton, comme lui, Brestois, aussi. Militaire, marin et poète, auteur d’une œuvre labyrinthique que, de son vivant, personne n’aura soupçonnée.
En 1903, Segalen pélerine sur les traces de Gauguin, aux îles Marquises. En 1905, à Djibouti, sur celles de Rimbaud. En 1909, il traverse la Chine, en jonque, en train et à cheval, et il recommencera. En 1910, il se risque dans le dédale de la Cité interdite de Pékin, derrière un séduisant jeune homme, espion et amant de l’impératrice. Puis il réside seul à Hanoi, rêve au Tibet, et achète son opium. Il meurt à quarante et un ans, dans la forêt légendaire du Huelgoat, un Shakespeare à la main, la jambe entaillée, au-dessus d’un Gouffre, loin de son épouse et de cette autre femme qu’il aime.
Revisitant l’œuvre de Segalen, les lettres à ses deux amours, ses nombreux voyages, Coatalem fait apparaître les résonances, nombreuses, la complicité littéraire et l’écrivain compagnon, composant par ces prismes mêlés, le roman de sa vie, au plus près d’un Segalen vivant et vibrant.



L'année dernière, le prix Femina 2016 avait été remporté par Marcus Malte pour son ouvrage Le Garçon (Zulma). 


 

Philippe Jaenada - La Serpe - Julliard - 2260029396 - 23,00 € 

John Edgar Wideman - Ecrire pour sauver une vie, le dossier Louis Till - trad. Catherine Richard-Mas - Gallimard - 9782072704604 - 20,00 €
Jean-Luc Coatalem - Mes pas vont ailleurs - Stock -  9782234081178 - 19.50 €
  

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