Philosophe forain, Alain Guyard à l'affiche de La philo vagabonde

Nicolas Gary - 08.10.2016

Culture, Arts et Lettres - Cinéma - philosophe forain prison - Alain Guyard Zonzon - film La philo vagabonde


Ce 5 octobre est sorti le film, La philo vagabonde. Une production qui tourne autour d’Alain Guyard. Auteur de plusieurs ouvrages, dont son premier, La zonzon, était paru en 2011, il racontait la vie de cette philo, dans les prisons. 

 

 

 

Sorti dans 70 salles en Frnace, La philo vagabonde, est une histoire de rencontres. Alain Guyard a la philosophie chevillée au corps. Selon lui, elle n’a pas pour but de trouver des réponses à tous nos problèmes. En fait, elle servirait plutôt à les compliquer. Si vous commencez à vous y intéresser, « c’est des oursins que vous allez trouver », dit-il

 

En philosophe « forain », il va de ville en ville, à la rencontre des néophytes pour parler de Nietzsche ou de Socrate. Il se rend également dans les hôpitaux psychiatriques et dans les prisons.

 

Tout cela prolongeait son premier roman où un certain Lazare Vilain, philosophe de formation et dialecticien de vocation, s’en vient, suite à une proposition officielle à enseigner son noble art devant un public de taulards. Portée par un style goûteux et argotique, voici la métaphysique à coups de mandales. 

 

Dans son sillage, on fréquente salle de boxe, clubs, claques, arrière-salles et bas-fonds ; on s’invite à la table de M.Riccioli, on croise Rocky-les-baffes, Leïla la veuve d’un braqueur anar et les Barbarovitch les bien-nommés, les Peachum du PACA, régnant sur toute une famille de mendiants et d’ouvriers bidon. 

 

 

 

Après 20 ans passés à enseigner la philosophie dans les lycées, Alain Guyard a souhaité aller porter la parole philosophique librement, hors des carcans académiques. Tel Diogène, il intervient aussi auprès de publics et de structures de tous milieux qui le sollicitent : éducateurs, paysans, infirmières, simples citoyens, mais aussi hôpitaux psychiatriques, centres de détention. 

 

Le réalisateur l’accompagne au fil de ses pérégrinations philosophiques, revigorantes et accessibles à tous, décalées et parfois subversives. Il s’attarde aussi sur celles et ceux avec qui le philosophe interagit, ce public si divers. La philosophie devient avec lui un cheminement, une discipline de vie qui affranchit et permet de penser son travail, son rapport aux autres et au monde.

 

Retrouver un extrait de La zonzon d'Alain Guyard

 

 

Il est également à la tête d’une association, Diogène Consultants, qui propose de mettre la philosophie hors des murs des lycées, et peut-être même hors des livres, pour la faire rentrer dans les têtes.

 

« Mettre la philosophie dans tous ses états, hors les murs de l’université et du lycée, loin des intellectuels maniérés et poseurs. La mettre dans les prisons, les hôpitaux, les bistros, les concerts, les quartiers, au fond des grottes et dans la rue. Plus que démocratiser la philosophie, ce qui la rendrait militante citoyenniste, café philo, sextoy culturel pour bobos branchouilles. Mais la vulgariser, c’est-à-dire la ramener à sa dimension charnelle, dérangeante, remuante, faisant irruption là où on ne l’attend pas, causant à tous les hommes, même aux humbles sans grade et sans diplôme. Surtout à eux. »

 

Le film est clairement à cette image.