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Pierre Soulages donne corps au Printemps des poètes 2020

Clément Solym - 26.12.2019

Culture, Arts et Lettres - Salons - Pierre Soulages peintre - printemps poètes manifestation - affiche courage


En ce lendemain d’agapes, alors que sonne la trêve des confiseurs, la directrice du Printemps des poètes, Sophie Naulleau, lance une nouvelle épistole. La manifestation qui se déroulera pour sa 22e édition, du 7 au 23 mars, mettra le courage à l’honneur. Les courages, pourrait-on même ajouter. Et c'est à Pierre Soulages que l'on doit cette mise en lumière...

 

« C’est beaucoup d’exaltation et d’honneur qu’un artiste sollicité par le monde entier, et exposé au musée du Louvre à l’occasion de son centième anniversaire, dans le Salon carré où l’on a décroché pour lui la Maestà sacrée au fond d’or de Cimabue, le saint François d’Assise de Giotto ou encore les chevaux de La Bataille de San Romano de Paolo Uccello, ait eu la générosité de dire oui au Printemps des Poètes 2020. Grâce à lui, Le Courage célèbre l’Outrenoir autant que la lumière au cœur du poème », indique Sophie Naulleau.

 
Une affiche qui s'accompagne d'un texte racontant l'histoire même de cette édition : 

 

C’est un vers de Corneille. Un vieil alexandrin célèbre, à la toute fin du Cid, qui dit le cœur, l’espoir et le triomphe du temps quelque part à Séville :

Espère en ton courage, espère en ma promesse…

Et dans cet hémistiche toute la bravoure du monde roule à l’assaut des siècles, avec tant de constance. Tant de patience passée à la postérité, comme un secret légué, mantra plus efficient que les rudes lois du sang.
Et la vaillance d’outrepasser les règnes, les solitudes, les exils, les douleurs, les aurores et les disparitions. Nos horloges sonnent l’heure du courage, écrivait Anna Akhmatova à l’hiver 1942. Tandis que Prévert tordait le cou aux pensées toutes faites dans ses « Adonides » : La guerre déclarée / j’ai pris mon courage / à deux mains / et je l’ai étranglé. Car le mot, trop taillé pour la gloire, a parfois mauvaise presse. Pourtant le cran. Pourtant l’audace.

Pourtant la virtus latine, qui fait dire à Virgile et Apollon d’une même voix : Déploie ton jeune courage, enfant, c’est ainsi que l’on s’élève jusqu’aux astres.

Cette force d’âme capable de tutoyer les étoiles en appelle aux mots de Desnos, dont Éluard affirmait, devant ses cendres revenues de Terezín, qu’il était la poésie du courage. Une poésie qui se joue la vie, l’amour, la liberté jusque dans la pire des morts. Avec ce qui me reste de courage, défoncer toute la Nuit, proposait Paul Valet, tout aussi prompt à mourir.

C’est coton, le courage, même sans être corps et âme en lambeaux.

La course plus que la rage. La lumière à foudroyer le noir. Comme s’il n’y avait qu’un poète pour dire cet éclat d’être sans orgueil. Cette témérité de la langue qui vous mène plus loin que la vue ne peut voir. Cette intrépidité de la parole qui nous fait défaut. Cette endurance à Raturer outre. Ce souci du poème. Je vais droit au jour turbulent, annonçait André du Bouchet. Que l’on se nomme Blaise Cendrars ou Benjamin Fondane, Charlotte Delbo ou Sylvie Brès, Juan Gelman ou Ludovic Janvier… Tous ont osé. Et la frappe, la vitalité de l’écriture, le prodige de l’énergie poétique de nous révéler encore et toujours.



Une première collaboration qui n’en est pas une : en 2005, Pierre Soulages avait déjà réalisé l’affiche du Printemps des poètes, avec une certaine esthétique que l’on retrouve aisément.




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