Poison, couteau, pendaison : 74 façons de mourir à la Shakespeare

Camille Cornu - 31.12.2015

Culture, Arts et Lettres - Théatre - Shakespeare - tim crunch - the complete deaths


2016 sera l’occasion de fêter le 400e anniversaire de la mort de Shakespeare. Pour se préparer dignement à l’événement, le metteur en scène britannique Tim Crouch travaille depuis plus d’un an à une pièce qui intitulée The Complete Death. Le spectacle proposera une compilation des 74 morts humaines ayant été représentées dans les pièces de Shakespeare

 

Photo prise lors des répétitions de Spymonkey 

 

 

Apprécié ou détesté pour la violence de ses pièces, Shakespeare n’avait pas peur de représenter la mort en la montrant sur scène, offrant un challenge à ses acteurs. Presque la moitié des morts shakespeariennes se font lors d’une attaque au couteau. Il y a aussi plusieurs décapitations, quelques empoisonnements, des pendaisons et un étouffement. Voilà pour le plus « classique ». Mais chez Shakespeare, on peut également mourir poursuivi par un ours, cuisiné, voire mourir de chagrin...

 

Le Telegraph a d’ailleurs partagé ce tableau particulièrement éclairant... 

 

 

 Le directeur de l’Institut Shakespeare, Michael Dobson, a confirmé que les drames élisabéthains étaient connus pour leur horreur : « Le drame anglais était réputé pour ses morts sur scène ; on les disait vraiment crues. Pour les critiques néo-classiques, les morts devaient se faire hors scène. »

 

L’approche offerte par Spymonkey a le mérite d’être originale, puisque ce sont quatre clowns qui se chargeront de les incarner. Elles seront toutes mises en scène. La directrice artistique, Erica Whyman, estime que « voir comment quatre clowns ont une approche différente du matériau est intéressant : cela reflète la façon dont les gens peuvent avoir des visions différentes de la mort, et différentes approches de Shakespeare ».

 

Emma Edwards, qui a écrit la pièce, a précisé que l’enjeu était, plus que de parler de la mort, « de la façon dont on théâtralise la mort, à la façon que le font les enfants, le plaisir de jouer à un niveau théâtral intensifié ».

 

Le spectacle sera coproduit par Spymonkey et le Brighton festival, qui accueillera également la première de la pièce, en mai 2016. La pièce partira ensuite en tournée.