Pour George R.R. Martin, l'Histoire 's'écrit avec le sang'

Antoine Oury - 06.05.2014

Culture, Arts et Lettres - Cinéma - George R.R. Martin - Game of Thrones - viol


De pair avec le succès vont les polémiques : alors que Game of Thrones bat encore et toujours les records d'audience, des scènes de violences sexuelles, autrement dit de viol, ont pu choquer les spectateurs de la série. D'autant plus que ces dernières ne faisaient pas forcément partie du livre original. George R.R. Martin en personne est intervenu pour clarifier les choses.

 

 

George R.R. Martin (Gage Skidmore, CC BY-SA 2.0)

 

 

 Interrogé par le New York Times sur la violence graphique très présente dans la série, l'auteur a défendu le monde qu'il a créé, et qui n'est pas si différent du nôtre : « Le viol et les violences sexuelles ont fait partie de toutes les guerres, depuis les anciens Sumériens jusqu'à aujourd'hui. Les ignorer d'un point de vue narratif, alors que celui-ci est centré sur la guerre et le pouvoir, aurait été complètement hypocrite et malhonnête », affirme George R.R. Martin.

 

Si la série remporte un franc succès, quelques spectateurs ont exprimé leur désarroi et leur colère, face à des personnages féminins présentés comme soumis à l'autorité masculine. Une scène de viol montrée à l'écran, alors que les deux personnages sont consentants dans le livre, a ainsi agacé, comme si la production jouait la carte du malsain pour attirer les spectateurs. Martin a toutefois défendu cette scène modifiée, précisant que le livre et la série n'avaient pas le même rythme.

 

Pour les plus sceptiques, l'auteur a rappelé que l'univers qu'il avait créé n'avait rien « du Moyen-Âge de Disneyland » : « Les atrocités que l'on trouve dans Le Trône de Fer, sexuelles ou autres, font pâle figure en comparaison des événements rapportés dans un bon livre d'Histoire », souligne-t-il. Martin précise également qu'un bon livre, selon lui, doit contenir des « scènes dérangeantes, gênantes, difficiles à lire ». Et peut-être à regarder, donc.

 

Enfin, en bon conteur, Martin n'oublie pas la morale : « Les véritables horreurs de l'histoire de l'humanité ne viennent pas des orcs ou des Seigneurs Sombres, mais bien de nous-mêmes. »