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Pour porter Dune au cinéma, Denis Villeneuve suffira-t-il ?

Cécile Mazin - 04.01.2017

Culture, Arts et Lettres - Cinéma - Dune Frank Herbert - Denis Villeneuve Dune - adaptation film roman SF


Des Fremen, de l’Epice, un patrimoine génétique minutieusement sélectionné, des Maisons qui s’affrontent pour le contrôle d’une étrange planète, toute de sable et de vers géants... Telle est Dune, l’œuvre majeure de Frank Herbert, réputée inadaptable au cinéma. Le réalisateur Denis Villeneuve a relevé le pari.

 

 

 

Avec son Blade Runner 2049, le réalisateur et scénariste canadien fait sensation – et chance, ce n’est pas sa première tentative dans les portages de livres sur grand écran. Le CV du bonhomme fait plaisir à voir, mais Dune...

 

Sur cette épopée se sont cassé les dents plusieurs autres grands noms : David Lynch, avec un choix d’acteurs douteux (a l’exception d’un Sting royal en Feyd Rautha) ou Jodorowski et Giger, qui ne seront pas allés au bout de leur projet.

 

 

 

Dune, livre culte, a vu ses droits audiovisuels rachetés en novembre 2016 par Legendary Entertainement. La société compte bien monter une franchise colossale autour de cette fresque majeure dans le paysage de la science-fiction.

 

Mais les livres se traînent une réputation aussi aride que celle de la planète qu’ils désignent. Et encore, on ne parle que du premier volume, racontant le conflit entre les familles Atréides et Harkonnen – s’il faut envisager les suites, jusqu’à L’empereur-dieu de Dune, le travail de franchise deviendrait alors titanesque.


Certes, Villeneuve semble éblouissant, avec son reboot de Blade Runner, et le sequel ne manque pas de séduire. Sauf que Dune, ce sont six livres signés de Frank Herbert, un roman, Et l’Homme créa un dieu, qui pourrait être un prélude à Dune. Et s’ajoute ensuite toute une flopée de romans, plus ou moins bons, que le fils Brian et l’écrivain Kevin J. Anderson, ont fait paraître. Des suites et des prequels... de sorte que l’univers est maintenant immense.

 

Ou d’autant plus attirant, si l’on se place d’un autre point de vue : avec ses super héros, Marvel a joué la carte des multiples déclinaisons, multipliant les films centrés sur un personnage, ou les sorties des Avengers. Même Star Wars – qui comme Marvel, appartient désormais à Disney –, s’efforce d’explorer La Force du mieux possible.

 

Maintenant que les effets spéciaux ont fait des progrès fabuleux, probablement l’un des points qui avaient fait le plus de tort à Lynche, on peut rêver. Ou alors pleurer, en se disant que certes Rogue One est beau, explose dans tous les sens, mais manque cruellement d’un scénario.

 

Alors quoi ? Dune, de deux, de trois et ainsi de suite ? Clairement les ouvrages qu’a cosignés le fils ne sont pas aussi bons que ceux du père – pire, ils feraient un peu tache dans l’ensemble de ce space opera.

 

Assurément Legendary Entertainement a prévu un calendrier de sorties, mais la qualité des productions sera essentielle : les fans sont nombreux, exigeants, et peu d’entre eux laisseront massacrer, une fois de plus, cette œuvre.

 

Ce serait une fois de trop.

 

Mais après tout, Denis Villeneuve est encore en négociations, et l'on ne voudrait pas que la pression le pousse à donner son eau aux morts...