Poussières et cendres, les théories érodées de la science-fiction

Julien Helmlinger - 04.03.2014

Culture, Arts et Lettres - Expositions - Exposition - Ruin Lust - Science-fiction


Non pas que la science-fiction s'aligne pieusement au calendrier catholique pour le mercredi des cendres, demain ses lecteurs pourront donc continuer à écluser leur bière, tandis que les théories du registre littéraire se trouvent  invitées d'une exposition baptisée Ruins Lust. Tenue au sein du musée londonien Tate Britain, celle-ci s'intéresse à la fascination que nourrissent les hommes à l'égard des ruines des civilisations. Parmi la centaine de pièces présentées au public, un film passe aussi en revue les prévisions désormais érodées d'éminents auteurs.

 

 

 

 

Les regards se retournent vers le futur imaginé en 1963, vu par une douzaine d'écrivains célèbres de science-fiction qui se renvoyaient alors la balle au sein d'un panel constitué par Playboy magazine, avec dans l'idée de projeter l'humanité dans un après 1984 théoriques. La vidéo en question n'a pas été filmée en direct, mais relève d'une reconstitution incarnée par des acteurs, avec son lot de prévisions qui si elles ne se sont pas réalisées dans notre monde, peut-être dans un autre parallèle ?

 

Dans cet échantillon de visionnaires de la SF, on retrouvait notamment les maîtres Isaac Asimov et Arthur C Clarke. L'artiste irlandais Gerard Byrne est à l'origine de ce film intitulé 1984 and Beyond, titre à l'inspiration tout orwellienne, qui se trouvera placé au coeur de l'animation d'ouverture de l'exposition Ruins Lust. Une manière, selon le commissaire d'exposition Brian Dillon, d'évoquer l'idée que les ruines peuvent se révéler évocatrices de ces futurs qui auraient pu être.

 

Pour Dillon; qui se passionne pour les vestiges et ce qu'ils peuvent comprendre de part nostalgique, les ruines appartiennent également au futur. C'est pourquoi l'exposition invitera son public à visionner ces acteurs néerlandais, campant des auteurs de SF faisant leurs prédictions audacieuses, mais qui ne se seront finalement pas réalisées.

 

Ces auteurs avaient à tort imaginé que le voyage dans l'espace serait routinier pour notre époque, que notre café nous serait servi à renfort d'amphétamines pour plus d'efficacité, et que la mort ne serait plus qu'une maladie combattue par la médecine. Mais outre ces erreurs, les écrivains du panel Playboy avaient tout de même deviné juste quant à certaines évolutions, comme l'arrivée de la brosse à dents électrique, et des téléphones capables de servir de télévision...

 

L'exposition commence aujourd'hui et s'achèvera le 18 mai.