Près de 100.000 visiteurs présents au Salon du livre de Genève

Julien Helmlinger - 05.05.2014

Culture, Arts et Lettres - Salons - Salon du livre et de la presse - Genève - Bilan


La 28e édition du Salon du livre et de la presse de Genève, qui se tenait du 30 avril au 4 mai à Palexpo, aura su rassembler près des 100.000 visiteurs annoncés. Le bilan officiel se veut plutôt optimiste, affichant une légère hausse de la fréquentation, avec 95.000 entrées enregistrées contre 94.000 l'année dernière. Selon le communiqué des organisateurs, les exposants et le public seraient globalement « satisfaits » de cette mouture 2014, ce dernier s'étant révélé plus impliqué qu'à l'accoutumée, parce qu'il « savait ce qu'il venait chercher ».

 

 

Crédits : Facebook

 

 

Au rang des éléments positifs pointés par les visiteurs et professionnels, glanés au fil de la manifestation, figureraient la répartition en places thématiques, ou encore le vaste choix de polars offert sur la scène du crime. La foule n'aura pas boudé les rencontres avec les artistes, comme Cheikh Hamidou Kane, Luc Ferry et Pascal Bruckner, Leiji Matsumoto, Zep ou encore Philippe Geluck.

 

Pour les éditeurs et les libraires, cette édition 2014 aura été une bonne opération. Québec éditions a atteint le chiffre des ventes de l'année passée en à peine 3 jours, et  Françoise Decroux, membre du comité du Cercle de la Librairie et de l'Edition, confie : « Il y a toujours eu du monde, le café Livresse n'a pas désempli. »

 

D'autres retours sont plus mitigés. Du côté des petits éditeurs, ils seraient nombreux à espérer rentrer dans leur frais. Ils soulignent le prix élevé des stands, environ 300 francs le mètre carré. Certains découragés ont décidé de ne pas participer, quand d'autres auront réduit leur espace d'exposition au minimum. Au point que selon un éditeur romand : « C'est trop cher, je passe le Salon à essayer de me financer. Je me demande à quoi bon avoir un stand. »

 

Sans compter que la concurrence des librairies et des places thématiques qu'elles gèrent, qui encaisseraient 65 % de marge sur les livres lors de l'événement, serait plutôt rude. En conséquence de quoi un éditeur présent au Salon déplore : « Les visiteurs qui viennent écouter un auteur sur la Place suisse vont acheter son livre là-bas, c'est logique. Il manque un canal, qui redirigerait les gens vers le stand de la maison d'édition de l'auteur en question. »

 

Le prix des livres, trop cher, a également été évoqué par des jeunes visiteurs. Et si la Suisse est un pays plurilingue, cela n'aura pas empêché une visiteuse du Salon de regretter l'absence de livres en allemand. Elle explique : « Je m'attendais à trouver Alex Capus en version originale, puisque la rencontre traitait justement des passerelles entre les auteurs suisses. Mais il n'y avait que les traductions. »