Près de 166 000 visiteurs à la 30e édition du Salon du livre de Turin

Nicolas Gary - 23.05.2017

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#salto30 – La 30e édition du salon de Turin a fermé ses portes avec 140 746 visiteurs qui se sont retrouvés dans le Lingotto, et 25 000 qui ont pris part au Salon Off. Le prochain rendez-vous, qui se fera sous la direction de Nicola Lagioia, se déroulera du 10 au 14 mai 2018. Mais en ce lendemain de fin de salon, l’ambiance est à la fête.


stands insolites
ActuaLitté, CC BY SA 2.0
 

 

Pour les éditeurs présents, clairement, cette fréquentation en hausse s’est répercutée sur les ventes. L’un des indicateurs les plus percutants reste la Piazza dei Lettori, qui regroupait des librairies indépendantes de la ville de Turin. Plus de 12 000 exemplaires ont été vendus sur ce seul espace. Même constat sur le stand de la librairie Feltrinelli, installée en plein cœur du pavillon 2, qui revendique deux fois plus de titres écoulés. Il est vrai qu’avec le passage de Roberto Saviano ou la présence de Daniel Pennac, c’est l’éditeur Feltrinelli qui a pu se réjouir.

 

Dans l’ensemble, les stands d’éditeurs affichent une très belle année : entre 15 et 70 % de ventes en plus, par rapport à 2016, voilà qui ne manque pas de donner le sourire. Pour la maison Newton Compton, Raffaello Avanzini assure que « cette édition fut une belle réussite, où les jeunes se sont retrouvés bien plus que les autres années ». Et les ventes de livres ont suivi, très largement. 

 

On entend la même chose chez Marsilio Editore, ou encore e/o Edizioni, qui propose les livres d’Elena Ferrante et les traductions de Michel Bussi. Même le Goncourt 2015, Mathias Enard, fut plébiscité par le public italien. Elisabetta Sgarbio, fondatrice de La Nave di Teseo,  explique : « Quand nous avons créé la maison, avec Umberto Eco, il fut décidé que le Salon de Turin serait le baptême du feu, auprès des lecteurs. Nous sommes restés fidèles à cette décision. Pour La Nave, c’est un moment de grand bonheur. Évidemment, les livres les plus vendus sur notre stand sont ceux de Ferruccio De Bortoli et de Jonathan Lethem. »

 

Sans aucun doute, la présence d’auteurs comme Luis Sepúlveda, l’hommage rendu au psychiatre Massimo Fagioli ou encore la présence de l’auteur néerlandais Cees Noteboom. Eh oui...

 

Le salon Off a en revanche, pris une autre dimension cette année : quelque 500 rendez-vous étaient donnés, autour et dans la ville, pour prolonger le plaisir. Des moments de lecture, assez classiques, qui ont su capter l’attention.

 

Près d'un quart de nouveaux visiteurs
 

En marge du salon, une enquête a été menée par l’observatoire Omero dell’Università di Torino, pour mesurer l’impact sociologique et économique de la manifestation. Selon les données communiquées, on apprend que 38 % des visiteurs viennent depuis plus de 7 ans, et 24,5 % sont de nouveaux venus – une grande première. Avec 90 % des répondants qui se disent prêts à revenir, on peut considérer que le public, de son côté, était plutôt très satisfait.

 

À 56 %, les visiteurs viennent de la métropole de Turin, les autres ayant fait un déplacement plus important pour se rendre à la foire – dont 32 % d’entre eux qui venaient d’autres régions, pas nécessairement limitrophes de celle du Piémont. Enfin, 86 % des visiteurs profitent également de leur venue pour aller découvrir la ville. Une donnée qui se répercute sur le taux d’occupation des chambres d’hôtel, qui atteint 93 % durant la manifestation.

 

Au niveau professionnel, notons que l’International Book Forum a permis quelque 5 500 rencontres, entre 600 acteurs, éditeurs et agents littéraires. De quoi donner à la manifestation une autre dimension, favorisant la vente de droits, alors que cette année, tout était directement géré par la Fondazione per il Libro. Plus d’une trentaine de pays se sont retrouvés pour l’occasion, dont les maisons Plon, Grasset et Casterman pour la France et Rowholt Verlag, Surhkamp Verlag, Klepenheuer et Witsch et Random House pour l’Allemagne. 

 

Dans le secteur audiovisuel, l’affluence fut moins importante, mais scouts, producteurs, agents et chargés de droit ont tout de même pu se retrouver.