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Printemps des Comédiens : les intermittents battent les planches

Antoine Oury - 07.06.2014

Culture, Arts et Lettres - Théatre - Printemps des Comédiens - intermittents du spectacle - grève


Nouveau round pour les intermittents, qui ont lancé une opération de grande envergure pour se faire entendre du gouvernement. En jeu, comme régulièrement, la réforme de leur statut, actée dans une convention chômage signée par la plupart des syndicats, à l'exception de la CGT. L'ensemble est perçu comme un petit arrangement entre syndicats, gouvernement et MEDEF, par les intermittents eux-mêmes.

 

 

Les intermittents au Forum de Chaillot

Les intermittents au Forum de Chaillot, le 4 avril dernier (ActuaLitté, CC BY-SA 2.0)

 

 

Quelques semaines après leur apparition inattendue au Forum de Chaillot, où ils avaient souhaité se faire entendre par la ministre de la Culture Aurélie Filippetti, les intermittents remettent ça. Cette fois, le Printemps des Comédiens en a fait les frais, avec un préavis de grève déposé pour le mois de juin, et l'annulation de plusieurs spectacles, dont le Macbeth de Brett Bailey, événement de cette année.

 

La preuve, si besoin, que les intermittents sont au centre des manifestations culturelles... Seulement, le gouvernement semble ne pas avoir saisi le désarroi des travailleurs du spectacle : début avril, après les événements du Forum de Chaillot, la ministre de la Culture assurait les médias de toute son inquiétude. « J'ai demandé une étude d'impact par mes services, et au vu des résultats de cette étude d'impact, j'ai convenu avec François Rebsamen qu'on va se voir extrêmement rapidement pour pouvoir en tirer les conséquences, et le cas échéant alerter les partenaires sociaux sur les conséquences dramatiques que cela pourrait avoir sur certains artistes ou certains techniciens », expliquait-elle.

 

Entre-temps, François Rebsamen a reçu un Molière de la Trahison, décerné par les intermittents. Le ministre du Travail en poste depuis peu avait en effet publié sur son site un texte, « Touche pas au statut d'intermittent », à l'occasion des municipales. Entre les promesses électorales et la réalité gouvernementale, l'engagement a fait long feu...

 

Le ministre du Travail a déclaré jeudi que la convention serait agrée par le gouvernement « dans la dernière semaine de juin », pour une entrée en vigueur le 1er juillet prochain. 

 

Les intermittents sont d'autant plus remontés qu'ils rejouent une pièce dont la conclusion aurait dû être écrite il y a longtemps : « Nous critiquons l'accord récent signé par tous les syndicats avec le MEDEF, à partir des seules propositions du MEDEF. Il s'agit du plus court accord patronal de l'histoire, en vigueur pour 18 mois seulement », expliquait une manifestante au Forum de Chaillot. Un délai ridicule qui fait craindre aux intermittents, dans un an et demi, de nouvelles remises en cause de leurs acquis.

 

Un comité de suivi parlementaire avait rendu des conclusions sur la réforme du statut des intermittents en 2006, preuve que les négociations ne datent pas d'hier. Mais les intermittents et la CGT dénoncent le fait que les recommandations de ces conclusions n'ont pas été prises en compte dans ce nouvel accord concocté par la CFDT, FO, la CFTC et le MEDEF.