Printemps des poètes : faire entendre une "polyphonie vivante"

Nicolas Gary - 10.01.2013

Culture, Arts et Lettres - Salons - Printemps des poètes - Education nationale - subventions


La manifestation aura bien lieu. Et si l'on ne pousse pas complètement un ouf de soulagement, au sein de l'Association, c'est tout de même un entrain qui rythme l'approche du 15e Printemps des poètes. La manifestation, qui se déroulera du 9 au 24 mars, avec pour thème Les voix du poème, sera accompagnée de plus de 10.000 événements en France, et dans tous les lieux possibles. 

 

 

 

 

Début octobre 2012, les organisateurs du Printemps lançaient un cri d'alarme : dans le cadre des subventions perçues, 60.000 € faisaient défaut à celle que l'Éducation nationale devait verser pour 2012. Un montant qui mettait en péril l'organisation même de l'événement, et le fonctionnement de l'Association. 

 

L'équipe permanente de 5 personnes, considérait alors la décision du ministère comme un « contresens » ou un « paradoxe », d'autant plus que le bilan est « particulièrement bon, et le ministère en est conscient », soulignait Jean-Pierre Siméon, pour qui le gouvernement « n'a pas bien perçu les répercussions d'un arrêt de la manifestation ». 

 

À ce jour, les tracasseries financières ne sont pas tout à fait achevées, explique Maryse Pierson, administratrice. « Pour l'heure, c'est un statu quo. L'édition 2013 a pu voir le jour, parce que le Centre National du Livre a anticipé le versement de la subvention pour 2013. Mais nous ne savons toujours pas quel sera le montant pour 2013 de la subvention que versera le ministère de l'Éducation nationale. »

 

Les arbitrages doivent intervenir durant le 1er trimestre 2013, a-t-on assuré au ministère, mais cela peut s'éterniser jusqu'à la fin du mois de mars. « Notre relation avec le ministère s'est pacifiée, bien que nous restions en attente, pour les trois mois à venir. Si nous voulons être raisonnablement optimistes, comme l'on dit, il nous faut d'un côté combler le déficit de 2012, et établir un prévisionnel pour 2013, avec le montant d'une subvention que nous ne connaissons pas encore. Cela ne nous simplifie pas vraiment l'organisation. »

 

Pourtant, la 15e édition sera amplement suivie, d'ores et déjà : au menu, les 40 ans de la disparition du poète et diplomate chilien, Pablo Neruda. Mais également des manifestations dans des villes et villages, dans les hôpitaux, les librairies, les écoles... « Pour cette édition, le volume d'événements est extrêmement important. Comme si nos relais dans les régions avaient décidé de soutenir plus que jamais le Printemps, et de démontrer toute la vivacité de la poésie en France. »

 

L'ensemble des rencontres est consultable sur le site internet, et au niveau national on pourra retrouver le retour du concours de poésie Andrée Chedid, lancé à la mi-octobre. Également relancé le concours de composition musicale Pierre-Jean Jouve, ainsi que le prix de poésie des lecteurs de Lire ou le festival Ciné poème, dans sa deuxième édition.

 

« Les organisateurs, partout sur le territoire se sont mobilisés pour faire de la manifestation un grand succès », assure-t-on. 

 

Le directeur artistique, Jean-Pierre Siméon, annonce la couleur dans son édito 

 

Dès sa naissance, au début des temps humains, la poésie est une parole levée. Qu'il soit murmure, cri ou chant, le poème garde toujours quelque chose de son oralité native. Il est donc peu ou prou une affaire de voix, la voix intérieure du poète répondant aux voix du monde. 

Le partage des poèmes dans la cité, qui est depuis quinze ans l'ambition du Printemps des Poètes, passe nécessairement par la voix haute. 

Le Printemps des Poètes 2013 fera entendre plus que jamais cette polyphonie vivante.

 

La poésie sera en tout cas vivante, cette année encore.