Prix Ados Rennes : les ouvrages censurés reviennent

Clément Solym - 15.11.2009

Culture, Arts et Lettres - Récompenses - prix - ados - rennes


Souvenirs, souvenirs : jeudi dernier, nous apprenions dans un élan de consternation que deux ouvrages présents dans la liste du Prix Ados Rennes étaient finalement retirés des potentiels lauréats, au prétexte que leurs thématiques étaient pour le moins sombres : suicide et pédophilie.

Mais entre autres, la direction départementale de l'enseignement catholique était choquée : Les orphelins de Naja « est de nature à percuter les jeunes dans leur perception du monde des adultes et de l'Église. Ce roman renvoie à l'idée d'une Eglise où la pratique de la pédophilie est courante. La question est quelle vision du monde on propose aux jeunes de moins de 14 ans ? »


Or Nathalie Le Gendre et Loïc Le Borgne n'auront pas plus longtemps à attendre pour savoir ce qu'il adviendra de leurs titres dans ce fameux concours. Alors que les autorités arguaient benoîtement que leurs livres « pouvaient heurter la sensibilité et les convictions des jeunes lecteurs », chose idiote, car la sélection s'est faite justement par le biais d'adolescents, les partenaires de cet événement et notamment la librairie Courte échelle avaient dénoncé cette politique de censure.

En effet, chaque année, c'est un jury d'ados qui sélectionne les 10 livres de la liste.

Et finalement, le conseil général, Gros-Jean comme devant s'est recroquevillé dans ses convictions premières de défense des jeunes contre les vilains livres et qu'au contraire, on réintégrait les ouvrages dans la liste des compétiteurs. En contrepartie, les chefs d'établissements recevront une lettre leur stipulant dans quelles conditions les ouvrages ont été replacés dans la liste. Extrait : « Nous laissons à l'appréciation des chefs d'établissement leur mise à disposition. Ces deux romans ne peuvent pas concerner la totalité de la tranche d'âge du Prix ados (13 ¯ 16 ans). »

Restera donc aux établissements à décider ce qu'ils souhaitent faire, et sûr qu'on va en entendre encore un peu parler de cette affaire.