Prix du Livre et droits de l'Homme : Rithy Panh et Christophe Bataille

Clément Solym - 17.07.2012

Culture, Arts et Lettres - Récompenses - Nancy - prix littéraire - livre et droits de l'homme


Décerné par la ville de Nancy, le prix Livre et droits de l'Homme pour son édition 2012 vint de récompenser un ouvrage dont il a déjà été longuement fait état. Coécrit par Rithy Panh et Christophe Bataille, L'élimination raconte comme le premier a subi le régime dictatorial des Khmers rouges. 

 

Le président du jury, l'écrivain et ambassadeur auprès de l'Unesco, Daniel Rondeau, a ainsi récompensé un ouvrage unanimement choisi par les jurés. « Ce livre évoque avec une justesse magnifique son itinéraire d'enfant sans famille pendant les années terrifiantes du régime de Pol Pot et la confrontation hors du commun qu'il obtient avec Duch, le maître d'oeuvre des tortures, l'un des grands responsables du génocide », ont précisé les organisateurs, pour cette édition 2012.

 

L'an passé Memona Hintermann et Lutz Krusche, journalistes, avaient été récompensés pour Ils ont relevé la tête, paru aux éditions JC Lattès.

 

Ville universitaire jumelée et attachée par des liens solidaires avec des cités du monde entier, Nancy a souvent manifesté à travers son histoire des qualités de tolérance et d'humanisme. André Rossinot son maire, a souhaité valoriser l'importance des témoignages littéraires dans la défense et l'illustration des Droits de l'Homme en créant en 2002, avec Simone Veil à ses côtés, ce prix national doté de 3000 euros.

 

A retrouver dans notre librairie, avec Decitre

 

À treize ans, je perds toute ma famille en quelques semaines. Mon grand frère, parti seul à pied vers notre maison de Phnom Penh. Mon beau-frère médecin, exécuté au bord de la route. Mon père, qui décide de ne plus s'alimenter. Ma mère, qui s'allonge à l'hôpital de Mong, dans le lit où vient de mourir une de ses filles. Mes nièces et neveux. Tous emportés par la cruauté et la folie khmères rouges. 

J'étais sans famille. J'étais sans nom. J'étais sans visage. Ainsi je suis resté vivant, car je n'étais plus rien." Trente ans après la fin du régime de Pol Pot, qui fit 1,7 million de morts, l'enfant est devenu un cinéaste réputé. Il décide de questionner un des grands responsables de ce génocide : Duch, qui n'est ni un homme banal ni un démon, mais un organisateur éduqué, un bourreau qui parle, oublie, ment, explique, travaille à sa légende.