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Prix du roman arabe : les trois derniers concurrents

Clément Solym - 04.04.2008

Culture, Arts et Lettres - Récompenses - prix - roman - arabe


Nous venons enfin d'obtenir toutes les informations sur le Prix du roman arabe, donc nous pouvons dès à présent vous fournir la liste des trois derniers concurrents en lice, et les informations concernant leurs auteurs. Pour mémoire, le prix de 15.000 € sera remis à l'un des trois élus, le 14 avril prochain, à 13h précisément, à l'Institut du monde arabe.

Le jury a en effet sélectionné ces trois livres parmi les 16 autres présents en mars dernier. Cette initiative est un partenariat entre le Conseil des Ambassadeurs Arabes en France et l’Institut du Monde Arabe


Comme si elle dormait, roman d’Elias Khoury, traduit de l’arabe (Liban) par Rania Samara, né à Beyrouth en 1948, Elias Khoury est un Libanais romancier, dramaturge et critique. Il a publié près de dix romans, qui ont été traduits dans beaucoup de langues étrangères, ainsi que de nombreux ouvrages de critiques littéraires. Il a aussi écrit trois pièces de théâtre. Il est actuellement rédacteur en chef du journal Al-Mulhaq, le supplément hebdomadaire du quotidien libanais Al-Nahar, et est un intellectuel de renommée internationale.

Parmi ses oeuvres : 1975 Les Liens du cercle ; 1977 La Petite montagne ; 1981 Les Portes de la ville ; 1981 Visages blancs ; 1989 Le Voyage du petit Gandhi ; 1993 Le Royaume des étrangers ; 1994 Le Coffret aux secrets ;1998 La Porte du soleil ; 2000 L'Odeur du savon ; 2004 Yalo, Actes Sud , 2007 Comme si elle dormait.

Mélia, une jeune femme beyrouthine des années 1930, rêve le passé comme l’avenir. Il suffit à Elias Khoury de trois nuits pour dérouler l’histoire de sa famille, entre Beyrouth et Nazareth. En arrière-plan sont esquissées les transformations politiques et sociales que connaît le Proche-Orient entre la fin du XIX et le milieu du XX siècle, l’influence des missions chrétiennes étrangères, l’immigration juive en Palestine, l’occidentalisation des mœurs.



Palestine, roman de Hubert Haddad. Né à Tunis en 1947, Hubert Haddad à vécu enfant a Ménilmontant puis dans les banlieues populaires. Fonde à vingt ans la revue de poésie le Point d'être dans les marges du surréalisme. Poète, romancier, nouvelliste, dramaturge ou essayiste, il explore toutes les voies de la littérature, de l'art et de l'imaginaire. Anime par ailleurs des ateliers d'écriture dans les écoles, les hôpitaux et les prisons. Parmi ses dernières parutions : Le Camp du bandit mauresque, récit d'enfance (Fayard, 2006), un essai encyclopédique sur l'art d'écrire, le Nouveau Magasin d'écriture (Zulma, 2006), suivi en novembre 2007 du Nouveau Nouveau Magasin d'écriture, qui explore les mises en activité de l'imaginaire par la gravure et le dessin. Palestine, roman (Zulma, 2007). Oxyde de réduction, poèmes (Dumerchez, 2008).

Quelque part en Cisjordanie, entre la Ligne verte et la « ceinture de sécurité », une patrouille israélienne est assaillie par un commando palestinien. Un soldat tombe sous le feu, un autre est enlevé par le commando bientôt en pleine déroute… Blessé, sous le choc, l’otage perd tout repère, en oublie son nom. C’est, pour lui, la traversée du miroir. Seul survivant, sans papiers, en vêtements civils et keffieh, le jeune homme est recueilli, soigné puis adopté par deux Palestiniennes. Il sera désormais Nessim, frère de Falastìn, étudiante anorexique, et fils d’Asmahane, veuve aveugle d’un responsable politique abattu dans une embuscade. C’est ainsi que Nessim découvre et subit les souffrances et tensions d’une Cisjordanie occupée...
Dans ce bouleversant roman, Hubert Haddad transfigure avec Falastìn — moderne Antigone — toute l’horreur du conflit en une tragédie emblématique d’une grande beauté.



Un printemps très chaud, roman de Sahar Khalifa, traduit par Ola Mehanna et Khaled Osman. Sahar Khalifa est une femme de lettres palestinienne née en 1942 à Naplouse en Cisjordanie. Après avoir enseigné à l'Université de Bir Zeit, dans les territoires palestiniens occupés , elle est partie étudier la littérature anglo-saxonne aux États-Unis (Université de l'Iowa), avant de revenir en Palestine en 1988. Là elle a fondé le Centre d'Études Féminines, qu'elle continue à diriger. Elle est considérée comme l'un des écrivains palestiniens majeurs. Elle a écrit plusieurs romans (ainsi que des essais sur la condition de la femme), dont beaucoup ont été traduits en plusieurs langues.

Parmi ses œuvres : Al-Subbâr, 1976 (traduction française "Chronique du figuier barbare", Gallimard, 1978) ; 'Abbâd al-Chams, 1980 (traduction française "La foi des tournesols", Gallimard, 1989) ; Bâb al-Sâha, 1990, (traduction française "L'impasse de Bab Essaha", Flammarion, 1997) ; Al-Mirâth, 1997 ("L'héritage") ;Soura wa Ayqûna wa 'Ahdun qadîm, 2002 ("Une image, une icone et un ancien testament") ; Rabî' hâr, 2004 (traduction française "Un printemps très chaud, Seuil, 2008)

Le camp palestinien de 'Ayn el-Morjân et la colonie israélienne de Kiryat Sheiba sont séparés par une clôture métallique. De part et d’autre, deux enfants s’apprivoisent. Mais la clôture devient un mur entre deux communautés qui se haïssent ou, au mieux, s’ignorent. Ou pactisent. Tout est vu à travers le regard d'Ahmad, le jeune Palestinien, en proie aux problèmes de son âge, à sa timidité, à un amour naissant, aux conflits de générations. Son univers bascule quand il s’introduit derrière la clôture : emprisonné, il passe de l’enfance à l’adolescence. Des illusions à une réalité d’autant plus dure et amère que, entre-temps, la seconde Intifada a éclaté.Sans manichéisme, la romancière palestinienne Sahar Khalifa brosse une fresque bouleversante de la réalité de son pays, de son désespoir grandissant, de ses paradoxes et de ses antagonismes. Et pose une question essentielle : quel avenir y-a-t-il pour la jeunesse, qu’elle soit palestinienne ou israélienne ?