Prix Interallié : Laurent Binet, lauréat 2015

Julie Torterolo - 12.11.2015

Culture, Arts et Lettres - Récompenses - Laurent Binet - La Septième fonction du langage - Prix Interallié


Dans l’enceinte du restaurant parisien Lasserre, les résultats du Prix Interallié sont tombés en ce jeudi 12 novembre : Laurent Binet remporte le prix. Son second roman La Septième Fonction du langage, paru chez Grasset le 19 août dernier, a convaincu le milieu littéraire, et ce pour la deuxième fois de l’année. Il succède ainsi à Mathias Menegoz, lauréat Interallié 2014 pour Karpathia

 

Prix du roman Fnac 2015 remis à Laurent Binet

Laurent Binet lors de la remise du Prix Fnac 2015 (ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

 

 

Sa récompense pour le prix Fnac 2015, en septembre dernier, avait ouvert la saison des prix littéraires. Désormais, Laurent Binet clôture la saison avec son second honneur reçu aujourd’hui. Il est passé devant Charles Dantzig avec Histoire de l’amour et de la haine, également publié chez Grasset, Lionel Duroy pour Echapper ainsi que Philippe Jaenada avec La Petite femelle, publiés tout deux chez Julliard. 

 

Dans La Septième Fonction du langage — qualifié de « polar sémiologique » par Télérama —, Laurent Binet relate « l’assassinat » du célèbre critique littéraire de Roland Barthes, qui aurait fêté ce jeudi son 100e anniversaire. « Je n’ai pas tué Barthes. Il est vraiment mort dans un accident », précisait alors, à ceux qui pourraient en douter, le lauréat lors d’un entretien avec l’AFP. 

 

 

 

Dans ce polar atypique, Barthes détiendrait la « septième fonction du langage » qui permettrait de « convaincre n’importe qui, à faire n’importe quoi ». Un véritable objet de convoitise pour les candidats à l’élection présidentielle de 1981. Roland Barthes, renversé par une camionnette, aurait ainsi été victime d’un meurtre. Une enquête, de la France, aux États-Unis, se déroule ainsi au fil des pages. 

 

C’est ainsi qu’hommes politiques et intellectuels français se succèdent, à coup de moqueries légères, entre faits inventés et événements historiques. Le lecteur peut croiser Mitterand, Giscard, Althusser, Foucault ou encore Bernard-Henri Levy. Laurent Binet avait déjà remporté le Goncourt du premier roman, en 2010 pour HHhH.

 

Fleur Pellerin, ministre de la Culture, vient de diffuser un communiqué pour saluer cette récompense : « Peut-on écrire un polar savant ? Un roman qui conte toutes sortes d’aventures, y compris celle du sens, de l’esprit, de la langue ? Avec autant d’humour que d’intelligence, Laurent Binet nous en apporte la preuve en mettant en scène, pour ainsi dire, la pensée de quelques-unes des plus grandes figures de notre vie intellectuelle : Roland Barthes, bien sûr, le sémiologue par excellence, mais aussi Michel Foucault, Gilles Deleuze, Jacques Derrida, Louis Althusser…

 

La Septième Fonction du langage n’en reste pas moins, et avant tout, un roman. Laurent Binet a su se montrer comme toujours un passionnant raconteur d’histoires. Son livre donne à penser. C’est aussi une fonction du langage. »


Pour approfondir

Editeur : Grasset
Genre : litterature...
Total pages : 496
Traducteur :
ISBN : 9782246776017

La septième fonction du langage

de Laurent Binet

" A Bologne, il couche avec Bianca dans un amphithéâtre du XVIIe et il échappe à un attentat à la bombe. Ici, il manque de se faire poignarder dans une bibliothèque de nuit par un philosophe du langage et il assiste à une scène de levrette plus ou moins mythologique sur une photocopieuse. Il a rencontré Giscard à l'Elysée, a croisé Foucault dans un sauna gay, a participé à une poursuite en voiture à l'issue de laquelle il a échappé à une tentative d'assassinat, a vu un homme en tuer un autre avec un parapluie empoisonné , a découvert une société secrète où on coupe les doigts des perdants, a traversé l'Atlantique pour récupérer un mystérieux document. Il a vécu en quelques mois plus d'événements extraordinaires qu'il aurait pensé en vivre durant toute sa vie. Simon sait reconnaître du romanesque quand il en rencontre. Il repense aux surnuméraires d'Umberto Eco. Il tire sur le joint. " Le point de départ de ce roman est la mort de Roland Barthes, renversé par une camionnette de blanchisserie le 25 février 1980. L'hypothèse est qu'il s'agit d'un assassinat. Dans les milieux intellectuels et politiques de l'époque, tout le monde est suspect...

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