Prix revus pour les indépdendants, le Salon du livre Paris sauvé ?

Clément Solym - 05.11.2009

Culture, Arts et Lettres - Salons - prix - indépendants - Salon


Ils viennent probablement de sauver le Salon du livre 2010 de Paris : les éditeurs indépendants, logés à très mauvaise enseigne de par les - excessifs - nouveaux tarifs que l'organisateur Reed Expo avait proposés, ont pourtant obtenu gain de cause.


Nous avions dévoilé cette sinistre histoire en exclusivité : le SNE avait en effet organisé une réunion avec les éditeurs indépendants pour leur présenter les tarifs de l'édition 2010 du Salon. Scandale s'indignait l'édition indépendante et plus encore L'autre livre qui évoquait « une censure économique ».

Je vais vous faire une proposition

Pourtant, hier, un revirement de situation arrive : Reed Expo et le SNE reçoivent plusieurs éditeurs (Valérie Millet du Sonneur, Laurent Seminel de Menu fretin et Franci Combes du Temps des cerises), nous informe Livres Hebdo.

L'objet de cette réunion ? Présenter de nouveaux tarifs, notamment pour le fameux stand Trampoline, qui voit disparaître la notion de Primo arrivant, et finalement sera ouvert aux éditeurs réalisant un chiffre d'affaires de 300.000 €. Contacté par ActuaLitté, Jean Ferreux, vice-président de l'Autre livre nous explique que l'édition indépendante « a obtenu gain de cause d'une certaine manière. Mais il faut souligner tout particulièrement l'investissement de Liana Levi qui a largement défendu notre cause ». [NdR : Mme Levi représente les petits éditeurs pour le SNE]

... qui ne peut être qu'acceptable

De nouvelles propositions ont été faites, que Valérie Millet décrit comme « acceptables », estimant que, suite au courrier adressé à Serge Eyrolles, président du SNE, le SNE et Reed seraient revenu alors sur les tarifs proposés. En off, on nous expliquera surtout qu'il y en a chez Reed qui a dû se faire taper sur la tête.

Ainsi, un tarif préférentiel de 2100 € HT pour les non-adhérents au SNE a été proposé et de 1700 € HT pour les adhérents. En outre, le Syndicat prendra en charge le manque, qui avoisinerait les 2500 €.

Rappelons que l'adhésion est d'un montant minimal de 525 € (avec des variantes), chose qui fait bondir Jean Ferreux : « J'ai longtemps demandé qu'un regroupement d'éditeurs comme L'autre livre puisse adhérer globalement. Pour moi qui réalise 60.000 € de chiffre d'affaires, cette somme représente quelque chose. » Et dans les conditions actuelles, M. Ferreux refuse catégoriquement d'adhérer.

L'absence de Hachette pèserait

Mais ce que personne ne semble vouloir dire, c'est que ce recul du SNE et de Reed Expo n'est pas simplement dû au courrier - également adressé au ministre. En effet, la situation du Salon du livre de Paris est actuellement très délicate. Comme nous l'avait déclaré une éditrice, certaines maisons attendaient tout bonnement l'annulation de la manifestation.

Après le désistement de Hachette et l'incertitude d'autres éditeurs, le geste de Reed et du SNE témoigne avant tout d'une volonté de remplir la Porte de Versailles. « Car il faut bien que Reed parvienne à louer les emplacements aux éditeurs, qui chaque année se demandent si tout cela n'est pas un peu trop cher », nous expliquait-on. Alors, sans diminuer la belle victoire des indépendants dans cette affaire, il semble important de noter qu'ils ont profité de l'absence de Hachette et des besoins du SNE.

Une révolution ou un tour pour rien ?


Laurent Seminel, du Menu fretin, semble confirmer cette hypothèse. « Les indépendants voulaient venir au Salon, contrairement à d'autres gros qui se montrent réticents. Ces mêmes gros qui ont été abasourdis d'apprendre la situation dans laquelle nous nous trouvions. Aujourd'hui, certes, nous avons obtenu ce que nous souhaitions, mais finalement, nous avons fait un tour complet pour revenir au point de départ. À 100 € près, nous sommes repartis sur les données initiales. Maintenant, il faut encore voir ce qui se passera. »

Au sortir de la réunion, un joyeux facétieux aura noté qu'en l'absence de Hachette, un espace de 600 m² était laissé vacant. « Nous aurions dû leur demander des stands de 18 m² au lieu de 9 m², pour combler tout cet espace vide » a-t-on pu entendre.