Prix Sade 2012 : Christine Angot taillée dans le marbre

Clément Solym - 01.10.2012

Culture, Arts et Lettres - Récompenses - Prix Sade - Christine Angot - récompense


Le prix le plus spectaculairement provocateur de l'édition vient de remettre son prix, pour l'édition 2012 à la romancière probablement la moins accessible de la rentrée. Face au dernier roman de Christine Angot, plusieurs concurrents, notamment l'ouvrage d'Anne Serre, Petite table, sois mise, qui aurait mérité plus que les lauriers de Sade... mais enfin soit.

 

Deux facultés essentielles permettent à l'Homme d'accomplir son être : le désir et l'imagination. Qui conteste cette vérité, cherchera perpétuellement un maître à adorer et se fera l'esclave : Dieu ou société, religion ou morale". D.A.F. de Sade

 

Donc, Une semaine de vacances, publié chez Flammarion, devient le lauréat du Prix Sade, devant l'autre ouvrage, Les Immortelles, de Makenzy Orcel, publié chez Zulma. Voilà pour le prix fiction. Pour mémoire, et alors qu'elle n'était présente sur aucune des listes de grands prix littéraires de la rentrée, Christine Angot avait reçu le prix Bookake d'honneur, attribué par nos soins.

 

Dans le domaine Document, c'est le livre de Jean-Pierre Bourgeron, qui fait paraître aux éditions Humus, dans la collection Eros singulier, trois textes originaux L'Aviateur fétichiste, Marthe de Sainte-Anne et Le Curé travesti. 

 

Depuis Facebook, les jurés ont dévoilé les résultats, sans commenter particulièrement leurs choix. 

 

Dans le jury du prix, on compte Emmanuel Pierrat, au poste de président, et chez les jurés, Catherine Millet, Marie L, Ruwen Ogien, Catherine Robbe-Grillet, Laurence Viallet, Catherine Corringer, Jean Streff et Pierre Leroy

 

Mais sur Libération, c'est un autre son de cloche qui résonne : c'est qu'en effet, Flammarion, pour des motifs politiques, préférait que l'auteure ne reçoive pas la récompense, estimant que cela pourrait lui fermer la porte à d'autres prix. Ce qui en dit long sur les pratiques des éditeurs vis-à-vis des prix, et les comportements déplorables qui peuvent avoir lieu pour des récompenses de plus haute envergure. 

 

D'ailleurs, cité par nos confrères, un membre du jury, déçu par le choix d'Angot, déplorait que l'on ait simplement remis le prix à Angot « juste pour le buzz ».

 

Le prix est doté d'une oeuvre d'art, offerte au lauréat, et pour 2012, c'est Richard Laillier qui a été mis à l'honneur avec le dessin suivant :