Prix Virilo 2012 : Pierre Jourde impose le diktat du Maréchal absolu

Clément Solym - 06.11.2012

Culture, Arts et Lettres - Récompenses - Prix Virilo - Pierre Jourde - testostérone


Cette année encore, le Prix velu à la moustache arrogante a distingué, quelques minutes avant ces dames du Femina, les grands lauréats de la saison littéraire. Un juré d'exception, pour des livres bourrés à la testostérone et avec cette année quelques notes de taurine en plus. 

 

Deux prix tout d'abord, pour récompenser les hommes qui en ont de belles... pages de littérature masculine : 

 

Le prix Virilo, qui récompense le meilleur roman francophone publié dans l'année, revient cette année au Maréchal absolu, de Pierre Jourde (Gallimard). 

 

 

 

« Les jurés tiennent à souligner la grande ambition d'un roman polyphonique sur le pouvoir, hénaurme. Mais le ballet vertigineux des récits croisés autour du dictateur ne doit pas vous effrayer, car le non-sens ubuesque change ce cale-porte de 760 pages en une œuvre rare, à la fois légère, profonde et finement écrite. Il ne reste plus qu'à s'interroger : mais comment les autres prix ont-ils pu le rater ? »

 

Le prix Trop Virilo couronne la poussée de testostérone la plus vivace, la giclure littéraire excessive. Peut-on être un héros Trop Virilo et cocu ? Et bien oui, puisque c'est Eric Neuhoff qui impose son Mufle (Albin Michel).

ce livre surpasse nos attentes par ses citations incroyables comme « Les femmes qui vous trompent ne sentent plus pareil. Elles traînent après elles des relents d'arrière-cour », ou encore « A Berlin, il s'ennuya. Il y avait plein d'Allemands et le zoo était en travaux. » Nous remercions Eric Neuhoff de nous offrir cette leçon de vie : un bon critique ne fait pas toujours un bon écrivain.

 

Mais Virilo ne serait pas Virilo, sans ses accessits qui font les délices des journalistes, et le drame des auteurs cités. Des récompenses remises pour consoler les perdants : 

 

Le Prix Pilon de la forêt qui pleure (du livre dont le ratio (Qualité / (Tirage + Couverture Médiatique) est le plus faible) est remis au consternant Les Lisières, d'Olivier Adam.

 

Accessit Kelly Slater du livre qui surfe sur la vague revient à Fukushima, de Michaël Ferrier

 

Accessit du style Ségolène Royal revient à La Survivance, de Claudie Hunziger

 

Accessit Endives au jambon du plat qui ne plaît pas aux enfants et rarement aux parents revient à Christine Angot pour Une semaine de vacances.

 

Accessit Viri-lol du jeu de mot qui fait un bide sidéral (essayez chez vous) revient à Jean-Michel Olivier pour Après l'orgie et cette blague «  Althusser, à qui sa femme a dit Halte ! Tu serres ! »

 

L'accessit du livre dont le titre est un peu méchant, mais c'est quand même ce qu'on aimerait dire à Florian Zeller de temps en temps, revient à Tais-toi et meurs d'Alain Mabanckou.

 

Accessit de l'auteur qui aime les femmes qui aiment les hommes qui aiment les femmes (mais par derrière) revient à Philippe Djian, pour Oh…

 

Accessit de l'auteur qui n'a pas d'idée de titre pour son livre revient à Régis de Sa Moreira pour La Vie.

 

Accessit du titre qui devrait en faire réfléchir certains (comme Florian Zeller) revient à Patrick Besson pour Une bonne raison de se tuer.

 

Accessit Katherine Pancol du titre trop long avec des animaux saugrenus dedans revient à Moi j'attends de voir passer un pingouin, de Geneviève Brisac

 

L'accessit du livre avec lequel on se fait lourdement accoster dans le métro revient à Dans ma bouche, de François Simon

 

L'accessit du livre avec lequel, en revanche, on est vraiment tranquille dans le métro revient à Ne me cherchez pas, de Jean-Philippe Kempf

 

Toutes les chroniques de ces ouvrages sont à retrouver chez Virilo, évidemment