Qu'adviendra-t-il du Printemps des poètes ?

Clément Solym - 05.12.2012

Culture, Arts et Lettres - Salons - Printemps des poètes - Aurélie Filippetti - subvention


La manifestation Le Printemps des poètes est en manque de subventions, après que le ministère de l'Éducation nationale a annoncé que les 60.000 € qui devaient lui être versés ne le seront pas. Les organisateurs font feu de tous bois pour attirer l'attention sur cette douloureuse question, mais en vain, jusqu'à présent.

 


 

 

La question vient pourtant d'arriver à l'Assemblée nationale, où la députée Cécile Untermaier (socialiste, républicain et citoyen, de Saône-et-Loire), vient d'interpeller la ministre de la Culture, ce 4 décembre, sur ce financement manquant. Rappelant que l'association existe depuis 1999, la députée pointe que la manifestation nationale, et internationale, « a pour vocation de sensibiliser à la poésie sous toutes ses formes ». 

 

Depuis les premiers temps, son financement est assuré pour partie par la rue de Valois, au travers du Centre National du Livre et le ministère de l'Éducation nationale. Or, pointe la députée, « ce dernier a annoncé une amputation sur la subvention accordée de 40 % soit un manque à gagner de 60 000 € ». Dans ces conditions, l'association tirait la sonnette d'alarme.

 

Et de préciser : « Nous ne pouvons pas imaginer que, malgré les restrictions budgétaires, on ne trouve pas dans le budget de l'Etat 60.000 € pour sauver une association dont le travail incarne les priorités du gouvernement, à travers le plan d'éducation artistique et culturelle. » Les deux grands axes proposés au ministère étaient, à ce titre :

  • préciser le montant de son soutien pour 2013 et les années à venir , sur un budget ministériel dont il aura l'entière responsabilité ;
  • combler le déficit 2012 en majorant la subvention 2013 des 60.000 € manquants en 2012.

 

La députée se fait l'écho des alarmes de l'association, pour qui, un tel défaut de trésorerie impliquerait « la disparition à brève échéance de la structure, et donc de la manifestation ». Elle demande donc à la ministre « de bien vouloir lui indiquer si la subvention du ministère de l'Éducation nationale ne pourrait être maintenue pour permettre à cette manifestation de perdurer ». 

 

Notons que le 20 novembre dernier, André Chassaigne, député gauche démocrate et républicaine, du Puy-de-Dôme, interpellait également le ministre de l'Educnat sur ce point. 

Or, après dix ans de réduction des moyens alloués, une coupe brutale et inattendue de 40 %, soit 60 000 €, a été annoncée pour 2012 par le ministère de l'éducation nationale, ce qui menace directement la pérennité à court terme de la structure et de la manifestation. Pourtant, 15 000 manifestations ont été organisées dans toutes les régions de France et une soixantaine de pays participent désormais à cette manifestation.

 

Et de demander alors à Vincent Peillon de rééxaminer « les moyens accordés par son ministère à l'association qui coordonne cette manifestation ».

 

Les députés auraient probablement été avisés de suivre l'affaire au travers des colonnes de ActuaLitté, puisque le 10 novembre dernier, Benoît Pichard, chef de cabinet de Vincent Peillon, a répondu sur ce point

 

« Nous n'avions plus aucun crédit, le ministère avait réduit à rien ce que l'association devait percevoir, et en grattant littéralement les fonds de tiroir, nous sommes parvenus à trouver 100.000 €. C'est l'une des plus importantes subventions accordées, il faut le souligner. Mais je précise qu'il nous est également impossible de donner d'autres subventions aussi importantes à d'autres organisations. Le Printemps des poètes n'a pas été favorisé, mais nous ne l'avons pas non plus abandonné, contrairement à ce qu'avait décidé le cabinet de Luc Chatel. Aujourd'hui, il nous est simplement impossible de donner un argent que nous n'avons pas. »

 

Mais rien n'empêche de croire qu'Aurélie Filippetti pourrait avoir une réponse autre... Ni de l'espérer.