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Quand Hitchcock et Nabokov voulaient faire un film

Clément Solym - 27.01.2014

Culture, Arts et Lettres - Cinéma - Alfred Hitchock - Vladimir Nabokov - cinéma


Quand le maître du suspens croise la route de l'auteur de Lolita, on peut espérer le meilleur du meilleur. C'est ce que raconte James A. Davidson, qui se souvient : si l'on a attribué ce titre de Maître à Hitchcock, c'est pour son adaptation Fenêtre sur cour, en 1954, tirée du roman de Cornell Woolrich, William Irish de son vrai nom, Rear Window. 

 Vladimir Nabokov

Rahul Narain, CC BY 2.0

 

 

Mais Hitchcock aurait eu plus d'affinités avec un certain Vladimir Nabokov, explique-t-il, rapportant si les deux hommes n'ont jamais collaboré, ce n'est pas l'envie qui manquait. En effet, le cinéaste et le romancier ont échangé quelques lettres, notamment sur des projets de films qu'ils pourraient développer ensemble. 

 

En 1964, Alfred écrit : « La première idée que j'ai eue, alors que j'y réfléchis depuis un moment, c'est que est basé sur une approche que je ne crois avoir jamais vue traitée ni au cinéma, ni même, que je sache, en littérature. » Et voilà qu'un scénario est en train de naître : une jeune femme qui aurait passé sa vie dans un couvent suisse, et se retrouverait soudainement dans un hôtel, tenu par sa famille, véritable bande d'escrocs.

 

« Une histoire très colorée », promet Hitchcock. Et l'idée séduit Nabokov, qui neuf jours plus tard répond que participer à l'écriture d'un pareil projet poserait quelque problème. N'étant pas familiarisé avec les questions liées à la sécurité et la criminalité aux États-Unis, il préfère décliner gentiment. Mais voilà qu'il propose quelques substitutions.

 

Ainsi, la jeune fille serait transférée de l'Union soviétique aux États-Unis, et serait en réalité une jeune starlette, « courtisée par un astronaute en herbe ». En revenant de son premier vol spatial, elle retrouverait un amant changé, sans parvenir à mettre le doigt sur les réels changements opérés. S'ensuivraient alors peur, panique, angoisse... des éléments qui relèvent de l'imaginaire d'Hitchcock sans peine.

 

Et de laisser alors au cinéaste le soin de trouver un dénouement qui serait idéal, lui-même n'ayant pas de solution à apporter. Bien évidemment, ce film n'a jamais vu le jour.

 

Vraiment regrettable. 

 

via Open Culture

 




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