Quand Kadhafi recule, la culture berbère reprend sa place

Clément Solym - 20.07.2011

Culture, Arts et Lettres - Expositions - berbère - culture - libye


Mouammar Kadhafi prospérait sur une Libye en proie à de nombreuses luttes de clans et, comme dit le dicton, il divisait pour mieux régner. Mais il aimait aussi à imposer la culture de son clan au mépris des autres richesses de la Libye. Les villages berbères qui sont déjà sortis de l’oppression tentent progressivement de retrouver leur culture, une culture qui avait été mise à mal par le colonel.

La civilisation berbère est tenace. Présente au sein du Djebel Nefoussa, elle avait résisté à l’invasion arabe du VII° siècle et même l’occupation italienne, au XX° siècle n’avait guère entamé sa persistance.


Passé le règne de Kadhafi, peu à peu elle refait ainsi surface, comme le rapporte l’AFP. La langue amazigh, interdite du temps du colonel, est mise en avant sur tous les fronts. On l’apprend aux plus jeunes mais aussi aux adultes qui n’en ont pas eu la connaissance.

La création artistique reprend sa pleine place avec la naissance de journaux, de musées et de chansons autour de la culture berbère. Un immense espoir se fait jour dans cette lutte pour la liberté menée aux côtés des Arabes. Mais il reste à protéger aussi cette union sacrée pour que les deux peuples oublient leurs vieux ressentiments. C’est là un important défi pour l’avenir du pays.

Depuis la récupération par les rebelles de la ville de culture berbère Yefren, tous les documents officiels sont écrits en berbère comme en arabe. L’amazigh, la langue des Berbères, était pourtant bannie du temps de Kadhafi. C’est donc une véritable renaissance.