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Quand la pensée de Noam Chomsky rencontre Michel Gondry

Louis Mallié - 29.04.2014

Culture, Arts et Lettres - Cinéma - Gondry - Chomsky - Documentaire animé


Présenté depuis le 24 avril à la Gaieté Lyrique dans le cadre de l'exposition « Motion Factory », le prochain film de Michel Gondry sortira au cinéma le 30 avril prochain. Intitulé Is the Man who is tall happy, an animated conversation with Noam Chomsky, il est le fruit d'un long entretien entre l'artiste et le philosophe sur la théorie de la linguistique générative.

 

 

Noam Chomsky

jeanbaptisteparis, CC BY SA 2.0

 

 

Il s'agira donc d'un documentaire animé. Tiré de près de trois heures d'entretiens avec l'intellectuel, le long métrage se partage entre la voix de Noam Chomsky et le dessin de Michel Gondry. Il s'agit peut-être là du travail le plus personnel du réalisateur. 

 

Abordé seul tandis qu'il travaillait à la superproduction The Green Hornet aux États-Unis, il s'est attelé sur son temps libre au projet, se reposant du travail de la journée dans celui du soir en somme. Alliant sa prédilection pour la recherche de nouvelles formes de récits à la recherche linguistique, il produit donc un travail inédit en solo sur celui qu'il considère comme « le plus grand penseur vivant actuel ».

 

Le film mêlera donc une explication des théories linguistiques de Chomsky, de l'origine du langage à la méthode Tadoa, en passant sur quelques épisodes de sa vie personnelle.

 

Si le réalisateur a choisi ici de se concentrer sur l'intellectuel en sa qualité de savant, il n'exclue pas l'idée de réaliser un travail plus large sur son engagement politique : « on le voit toujours comme quelqu'un de négatif alors qu'il a des idées très précises sur des fonctionnements possibles de la société, et j'aimerais bien faire un film la dessus », a-t-il précisé sur France Inter.

 

En mars dernier, Noam Chomsky a publié chez Agone La guerre nucléaire et catastrophes environnementales, traduit par Celia Izoard. 

Tout écologiste sérieux est sûrement d'accord pour dire que sauver les baleines ne va pas au fond du problème, et qu'occuper des plateformes pétrolières est au mieux une tactique pour attirer l'attention sur des causes plus profondes.

Le mouvement écologiste doit établir les liens qui s'imposent entre justice environnementale, sociale et économique. 

En plus d'être ceux qui (comme d'habitude) souffrent le plus, les pauvres sont aussi souvent à l'origine des actions qui s'attaquent aux véritables racines du problème. Ainsi, lors du Sommet du peuple (Bolivie, 2010) a été rédigée une " Déclaration universelle des droits de la Terre Mère ", où les peuples indigènes du monde entier s'unissent contre la quête de profits prédatrice et auto-destructrice menée par les riches. Le patronat américain a fait preuve d'une franchise admirable en annonçant publiquement qu'il organisait de gigantesques campagnes de propagande pour convaincre le public d'ignorer l'actuelle destruction de l'environnement, ce qui devient pourtant assez difficile même pour les plus aveugles.

Dans ce livre d'entretiens, Noam Chomsky se penche pour la première fois sur les menaces nucléaires et les catastrophes environnementales qui pèsent sur le monde. A travers des thèmes tels que les dangers (y compris environnementaux) de la guerre nucléaire, l'industrie des énergies renouvelables ou encore les mouvements conservateurs qui s'opposent à toute réglementation environnementale, il revient sur l'urgence de renforcer les liens entre luttes écologistes, exigences démocratiques et justice sociale.