Qui peut souhaiter la fin de la Biennale des poètes du Val-de-Marne ?

Clément Solym - 02.01.2017

Culture, Arts et Lettres - Salons - Biennale poètes association - subventions Val de Marne - poésie manifestation soutien


La Biennale internationale des Poètes en Val-de-Marne, manifestation fondée en 1990 avec le soutien du Conseil général, vit actuellement de sombres heures. Fin 2016, ses organisateurs ont lancé un appel, faisant état d’une « diminution importante de ses subventions ». Une menace directe et lourde, puisqu’elle aboutirait à la fin de la manifestation. 

 

 

 

L’an passé, les conseillers départementaux avaient déjà porté quelques coups aux aides, et le Val-de-Marne subissait alors des coupes difficiles. En effet, 10 % d’aides en moins, tandis que la dotation destinée aux associations de 858.000 € était supprimée. Pour tenter de la maintenir, le président de Les Républicains, Olivier Capitanio, avait alors proposé d’arrêter tout bonnement la manifestation.

 

Cela pourrait devenir réalité, si une solution n’est pas trouvée, souligne l’appel, que nous publions ci-dessous. 

 

Nous apprenons que, suite à une baisse importante de ses subventions, la Biennale Internationale des Poètes en Val-de-Marne est aujourd’hui menacée.

 

Fondée il y a vingt-cinq ans, sur proposition d’Henri Deluy, la Biennale est, en France, l’un des rares festivals de poésie de dimension internationale. C’est un espace de liberté pour les poètes et un acteur qui compte pour la diffusion et la promotion de la poésie contemporaine auprès du public, notamment des jeunes.

 

Confronté à des difficultés (qui tiennent au désengagement de l’Etat), le Département du Val-de-Marne, qui l’a soutenue dès l’origine, réduit aujourd’hui sa subvention d’environ un tiers ; ce qui risque d’entraîner licenciements et cessation d’activité.

 

La poésie est la mémoire de la langue. Elle est aussi un laboratoire des mots et de l’imaginaire indispensable à sa vitalité. Un moyen précieux de cultiver notre sensibilité individuelle et collective. Son partage le plus large possible est une nécessité démocratique, particulièrement « en ces temps difficiles » de repli, de fermeture aux autres, de désespérance.

 

Nous demandons que les pouvoirs publics et les collectivités territoriales concernées prennent les décisions qui s’imposent pour que continue la Biennale Internationale des Poètes en Val-de-Marne.

 

Le bureau de la Biennale

 

 

De quoi remettre au goût du jour la tribune que Francis Combes, directeur de la Biennale et président de l’association des éditeurs indépendants, avait fait paraître dans nos colonnes, en novembre 2011. À l’époque, c’était la subvention accordée au Printemps des poètes qui était menacée, avec un manque de 60.000 €. Francis Combes s’était alors directement adressé à François Hollande, fraîchement installé à l’Élysée, « La poésie est-elle considérée comme un luxe » ?