Qui va payer pour le 33e Marché de la Poésie ?

Nicolas Gary - 27.04.2015

Culture, Arts et Lettres - Salons - Marché poésie - livre lecture - Mairie Paris


Le marché de la poésie, réunion annuelle et traditionnelle de la place Saint-Sulpice (VIe arrondissement, à Paris), approche. Programmée du 10 au 14 juin prochains, elle mettra la Belgique à l'honneur, tant côté Wallonie-Bruxelles que Flandre. Une 33e édition qui réunira quelque 300 poètes et 500 éditeurs. Ou pas. 

 

 

Rimbaud, le bâteau ivre

ActuaLitté CC BY SA 2.0

 

 

Voilà deux semaines, Vincent Gimeno-Pons, le délégué général de la manifestation, lançait un premier appel. Une invitation au financement participatif était lancée, pour que le Marché devienne « encore plus engageant ». S'adressant à chacun, et à personne, le message était simple : préserver la manifestation, dans son fonctionnement et son esprit, tout en lui donnant une plus grande portée. Offrir, en somme, le mieux au public.

 

Mais une relance survenue ce 24 avril laisse entrevoir d'autres perspectives. Sur les 8000 € escomptés, seuls 590 € ont été recueillis. 27 jours restent pour arriver à un crowdfunding réussi, mais les organisateurs font part de nouvelles plus alarmantes : « Comme vous le savez sans doute, nombre de festivités à caractère culturel paient à présent, plus que d'autres milieux, la crise économique que nous traversons. »

 

Depuis 2004, les partenaires institutionnels n'auraient pas augmenté le montant des sommes versées, alors que les coûts, eux, ont suivi leur courbe montante classique. « La poésie n'est sûrement pas le vecteur culturel le plus médiatique, mais le Marché de la Poésie a montré et démontré, depuis trente-trois ans, son caractère incontournable, et son succès indéniable », précisent les organisateurs.

 

Le financement participatif était donc une authentique solution pour se tirer d'un certain pétrin : il serait demandé à l'organisation « une participation financière logistique [...] bien plus importante », pour l'occasion de la Place Saint-Sulpice. Et si le financement n'est pas accompli, « le Marché de la Poésie risque sans doute de vivre en 2015, sa dernière édition ». 

 

Retrouver la page de crowdfunding

 

Jointe par ActuaLitté, l'association c/i/r/c/é qui prend en charge l'organisation précise que la hausse des coûts est à imputer à l'appel d'offres mis en place par la Mairie de Paris. « Le Marché, comme d'autres manifestations qui se déroulent sur la Place Saint-Sulpice. Les années précédentes, l'appel était lancé pour une année, cette année, il court pour une période de trois ans. » 

 

Or, la société qui a remporté l'appel a vu les coûts à reverser à la Mairie augmenter. « Il est compréhensible qu'il doive alors répercuter sur les différentes manifestations cette hausse. Mais nous l'apprenons deux mois avant que le commence le Marché », précise l'Association. Se greffe à ce point les difficultés autour des subventions « qui à euro courant n'ont pas augmenté depuis plusieurs années. L'exercice devient de plus en plus périlleux. »

 

L'ambiance actuelle incite chacun à ne pas se plaindre : une subvention reconduite représente déjà un bienfait, mais la participation demandée de manière imprévue, menace clairement l'ensemble. L'an passé, 50.000 personnes s'étaient rendues au Marché. Fameux paradoxe, parmi les partenaires financeurs du Marché, on retrouve la région IDF et la Mairie du VIe, ici impuissante à agir.