Quino, créateur de Mafalda, oeuvre de "lucidité et sagesse"

Julien Helmlinger - 24.05.2014

Culture, Arts et Lettres - Récompenses - Quino - Mafalda - Prix Prince des Asturies


L'Argentin Joaquin Salvador Lavado, plus connu sous le pseudonyme de Quino, père du personnage de bande dessinée Mafalda, vient d'être récompensé du prestigieux Prix Prince des Asturies pour les Communications et humanités 2014. L'annonce du lauréat a été faite cette semaine par Victor Garcia de la Concha, président du jury annuel, qui a salué une oeuvre alliant « lucidité et sagesse », et souligné « la simplicité conceptuelle et la profondeur de pensée » qui la caractérise.

 

 

 

 

Décoré de la Légion d'honneur à l'occasion du dernier Salon du livre de Paris, Joaquin Salvador Lavado est né le 17 juillet 1932 à Mendoza, en Argentine. Après la Seconde Guerre mondiale, il devient Quino et commence à démarcher « les rédactions, cartons sous le bras » : il propose alors ses dessins aux journaux de droite comme de gauche. Élevé dans une famille anticléricale, le personnage que deviendra Mafalda prendra des teintes très anticapitalistes par la suite...

 

Entre 1964 et 1973, la petite fille de fiction, âme rebelle éternellement âgée de six ans, originalement créée pour une campagne publicitaire manquée, aura donné lieu à des publications BD parues à travers le monde entier, traduites en nombre de langues, avant que Quino ne se tourne vers des productions plus sombres. En son pays natal, l'artiste est honoré par une place publique baptisée la Plaza Mafalda.

 

Si la petite Mafalda est une fan inconditionnelle des Beattles, elle est également porteuse de messages politiques que ce soit en faveur des droits de l'homme ou encore des valeurs pacifiques. Derrière un regard enfantin, c'est bien la vie des adultes que reflètent ses péripéties. D'ailleurs quand Quino prend son crayon pour la faire revivre le temps d'un comic strip, c'est souvent au bénéfice d'organisations caritatives.

 

La cérémonie de remise des prix aura lieu l'automne prochain, à Oviedo. Chaque lauréat se voit remettre un diplôme, une sculpture concoctée par Joan Miró, une insigne frappée des armoiries de la Fondation Prince des Asturies et 50.000 euros en prime.