Rencontres autour de la traduction théâtrale à l'Atalante

Claire Darfeuille - 19.05.2014

Culture, Arts et Lettres - Théatre - théâtre - Italie - traduire


Du 20 au 25 mai, la compagnie René Loyon, la Maison Antoine Vitez et le Centre national du théâtre mettent en avant les traducteurs d'œuvres théâtrales classiques méconnues ou contemporaines. Leur invitée d'honneur est Ginette Herry, traductrice de Carlo Goldoni et d' Italo Svevo.

 

 

Théâtre antique d'Orange, Vaucluse, France

Norto, CC BY NC ND 2.0, sur Flickr

 

 

« Le choix d'une traduction plutôt que d'une autre participe déjà d'une démarche dramaturgique », confie René Loyon, metteur en scène, à l'origine avec Agathe Alexis et Alain Barsacq de cette semaine durant laquelle les traducteurs de théâtre sont à l'honneur.

 

« Lorsque j'étais jeune acteur, pour jouer La mouette de Tchekhov, je prenais la première traduction venue », avoue René Loyon, qui entre-temps a eu bien des occasions de se poser la question de la traduction, en oeuvrant notamment avec Jean Louis Besson sur Edward Bond ou Botho Strauss, et a finalement donné naissance à ces rencontres. Durant cinq jours, le théâtre de l'Atalante et ses invités s'interrogent sur les particularités de la traduction théâtrales, laquelle soulève la question de l'oralité propre au théâtre : « Qu'est-ce qu'un texte « qui vient en bouche » pour un comédien ? » ou encore :

« Qu'est-ce qui, dans la langue, fait théâtre et n'est pas réductible à la notion de dialogue ? ».

 

Une traversée rapide de la dramaturgie d'un pays

 

Après la dramaturgie russe, espagnole, allemande, grecque mises à l'honneur les années passées, c'est le théâtre italien qui sera l'objet de tous les regards des auteurs, traducteurs, comédiens et metteurs en scène rassemblés au cours de sept lectures-spectacles et six tables rondes. 

 

« Nous proposons une traversée rapide de la dramaturgie d'un pays, mais nous évitons les auteurs canoniques et privilégions les pièces qui n'ont jamais été représentées ou des textes contemporains », explique René Loyon. La première pièce Les Noces de Betia de Ruzante (traduction Claude Perrus. Éditions Circé) qui ouvre la manifestation n'a ainsi jamais été jouée, pas plus que L'école de danse de Carlo Goldoni ou Myrrha de Vittorio Alfieri.

 

Les lectures sont suivies de rencontres débats avec notamment Ginette Herry, Claude Perrus, Françoise Decroisette et de nombreux traducteurs et artistes, qui se pencheront sur les thématiques suivantes : «La langue théâtrale et les langues et dialectes italiques », « Traduire Carlo Goldoni, traduire Carlo Gozzi », « Les tragédies d'Alfieri, une exception en terre italienne », « Traduire une langue imaginaire » ou encore « Le théâtre de narration ». 

 

Ce dernier, aussi appelé théâtre-récit, est apparu en Italie dans les années 2000 et a produit de nombreux textes liés à la nécessité de résistance dans une Italie ravagée par la politique culturelle de son gouvernement. Vendredi soir, le théâtre présente « Corps d'Etat » de Marco Baliani et « Déshonorée » de Savario la Ruina, en la présence des auteurs et de leurs traducteurs.

 

Le programme détaillé, les horaires et tarifs sont à retrouver sur le site de l'Atalante ou sur celui de la compagnie RL.