Renoir ne manque pas de coeur: L'artiste et son mécène.

Clément Solym - 09.06.2011

Culture, Arts et Lettres - Expositions - renoir - peintre - lettre


À travers la correspondance privée des plus grands peintres, le Musée des lettres et manuscrits donne à l’art des 19e et 20e siècle des couleurs inédites. Au fil de lettres touchantes où la petite histoire croise la grande, cinquante artistes nous ouvrent les coulisses de leur existence et de leur création.

Chaque semaine, ActuaLitté vous propose de découvrir un extrait de cette exposition. Aujourd'hui, Auguste RENOIR (Limoges, 25 février 1841 – Cagnes-sur-Mer, 3 décembre 1919). On pourra également retrouver le catalogue de l'exposition aux éditions Beaux Arts, Des Lettres et des peintres.

Lettre autographe signée illustrée d'un dessin original, adressée à Charles Le Coeur. [probablement à l'été 1868].

Charles Le Coeur, l’un des premiers et plus importants mécènes de Renoir. C’est en 1865 dans l’atelier de Charles Gleyre qu’Auguste Renoir avait fait la connaissance du peintre Jules Lecoeur (1832-1882), qui l’avait présenté à sa famille, notamment à son frère aîné le brillant architecte Charles Le Coeur (1830-1906). Ce dernier lui confia notamment en 1868 la décoration de l’hôtel particulier qu’il construisait pour le prince Bibesco. Le peintre réalisa plusieurs toiles représentant Charles Le Coeur et sa famille : différents portraits de Charles Le Coeur et de ses enfants, dont le jeune « Jo » Le Coeur qui figure par exemple dans l’imposante toile de 1873, Allée cavalière au Bois de Boulogne, un portrait de groupe représentant Mme Le Coeur et ses deux enfants, Une Promenade dans les bois, un portrait de Jules Le Coeur avec ses chiens dans la forêt de Fontainebleau, un portrait inachevé de Mme Le Coeur mère. Renoir se rendait souvent dans la maison familiale des Le Coeur à Fontainebleau, où il rencontra celle qui devint sa maîtresse et son égérie, Lise Tréhot, et dont le portrait exposé en 1868 sous le titre Lise à l’Ombrelle lança véritablement sa carrière. Un tel tableau est très représentatif de la période impressionniste des années 1870, et de la palette de Renoir, artiste sensible à la présence humaine, même dans ses recherches les plus poussées pour capter lumière et mouvement.

Des lettres et des peintres (Manet, Gauguin, Matisse)