Réorganisation chez Reed Expo : nouvel horizon pour le Salon du livre de Paris

Antoine Oury - 20.05.2016

Culture, Arts et Lettres - Salons - salon livre Paris - Reed Expo SNE - Comic Con Paris


Le coorganisateur du Salon du livre de Paris, rebaptisé pour son édition 2016 Livre Paris, connaît de nombreux ajustements internes. En effet, avec le départ de Jean-Daniel Compain, qui dirigeait le pôle Culture, Luxe et Loisirs, une réorganisation est en cours. C’est désormais Corinne Ménégaux qui sera en charge du Salon du livre, avec Sébastien Fresneau en commissaire général.

 

Stray Dog - Livre Paris 2016

ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 

 

Directrice générale du pôle Hôtellerie-Restauration, Forme, Communication, Fashion & Franchise, Corinne Ménégaux prendra donc la direction de Livre Paris pour l’édition 2017. Ce déplacement éloigne ainsi la manifestation du secteur Culture, Luxe et Loisirs, qui comprenait le Yachting festival Cannes, la FIAC, Paris Photo Paris et Los Angeles, le salon Piscine & Spa, et le Nautic, salon nautique international de Paris – et bien entendu le Salon du livre de Paris. 

 

Depuis quelques jours, Reed Expo accumulait les difficultés : d’abord, l’abandon de Paris Photos Los Angeles, dont la 4e édition fut annulée. Dans un communiqué, Jean-Daniel Compain évoquait « une formidable mobilisation de la ville, des galeries, des institutions et des collectionneurs ». Toutefois, il imputait à un « manque de maturité du marché, en termes de grandes foires » la nécessité d’annuler l’édition 2016. Pas vraiment un avis partagé : pour certains, la stratégie commerciale portait en elle les germes de ce que l'on appelerait un ratage.

 

Dans le même temps, c’est la Biennale des Antiquaires qu’organisait Reed qui semble avoir échappé à l’organisateur de Salons. Début avril, on apprenait en effet que le Syndicat national des antiquaires mettait un terme à son contrat avec l’enseigne. Selon nos informations, Jean-Daniel Compain rejoindrait d’ailleurs, en tant que consultant, la Biennale. « On ne peut pas dire, de toute manière, que le Salon du livre ait été sa plus grande préoccupation », commente un observateur. 

 

Non que l’ancien directeur général n’ait pas œuvré pour le Salon – au plus fort du conflit avec Hachette Livre, en février 2010, il avait vivement pris la défense de la manifestation. « Pour autant, on ne sentait pas le même engagement avec le livre que pour la FIAC ou Paris photo », poursuit-on.

 

Un Livre Paris qui ne demande qu'à reprendre son souffle

 

Reste que l’édition 2016 avait largement accusé le coup, avec une perte de fréquentation de 15 %. Ce salon, annoncé comme « réenchanté », avait finalement affiché une grise mine. Le renouveau des équipes de direction et du commissaire général ne peut dès lors qu’apporter un autre souffle. De même, le changement de direction au sein du SNE, avec le départ de Christine de Mazières, et l’arrivée de Pierre Dutilleul, au poste de secrétaire général, apporte également de nouveaux interlocuteurs. « Je mettrai toute mon énergie, avec l’appui des équipes du Syndicat, à défendre le droit d’auteur, la fiscalité du livre et plus généralement tout cet environnement de l’édition auquel j’appartiens depuis longtemps », assurait l'interessé.

 

Le transfert de Livre Paris sous le pôle qui dirige Corinne Ménégaux n’en laisse pas moins planer quelques interrogations. « C’est la division où l’on retrouve le Festival Professionnel des Techniques du Spectacle Vivant et de l’Evénement, d’accord, mais également le Salon International de l’Art Funéraire », note un exposant régulier du Salon. « L’image est assez cocasse... » 

 

Certes, mais c’est aussi cette branche qui a eu en charge l’organisation de la Comic-Con Paris, qui s’est déroulée pour la première fois en octobre 2015. D’ailleurs, Pierre-Yves Binction, son directeur, indiquait à ActuaLitté que l’édition 2016 connaîtrait de réelles évolutions : « Notre objectif, pour cette prochaine édition, est de faire en sorte que les visiteurs soient contents des contenus et des exposants, de nouveau, mais aussi qu’il y ait plus de choses à faire sur le Festival, avec des animations. C’est un gros challenge pour nous, parce que, autant l’année 1 constitue une mise en place, en revanche l’année 2 ne laisse pas d’excuses. »

 

Paris Comic Con 2015

ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 

 

C’est aussi une prise de conscience claire des critiques formulées durant la manifestation, et une réponse qu’il faudra impérativement apporter. Entre deux couloirs, on concède également que la Comic Con n’est pas allée sans quelques tensions entre les éditeurs du groupe BD au Syndicat national de l’édition. Le rapprochement des équipes du Salon du livre de Paris, avec elles de la Comic Con – géographiquement, puisque les premières ont déménagé leurs postes pour rejoindre les secondes – apporterait de nouvelles synergies. 

 

« On s’attend à tout », entend-on depuis Puteaux, où se trouvent les bureaux de la société. Les plus pessimistes lorgnent sur le contrat signé pour trois ans, avec le SNE, en se demandant qui des deux acteurs a finalement le plus besoin de l’autre. « Le Salon du livre de Paris, c’est la manne financière du SNE. Sans ces revenus, le Syndicat serait durement impacté. »

 

Raison de plus pour arriver à cet enchantement promis, lors de l’édition 2017.