Royaume-Uni : le paiement des auteurs par les festivals en question

Antoine Oury - 10.03.2015

Culture, Arts et Lettres - Salons - Royaume-Uni salaire - festival auteurs salons - salaire revenus annexes


Partout en Europe, les revenus des auteurs se réduisent à mesure que les publications deviennent plus nombreuses, et la concurrence plus importante. Une réflexion sur les revenus annexes des écrivains a été lancée au Royaume-Uni, alors que les auteurs eux-mêmes réclament un salaire pour leurs interventions dans les festivals et autres salons.

 

 

London Book Fair 2014

La Foire du Livre de Londres, en 2014 (ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

 

 

L'auteure Joanne Harris a confié au Bookseller qu'un organisateur de festival l'avait récemment contacté en lui proposant d'intervenir sans contrepartie financière : « Ils vont payer les traiteurs, les imprimeurs, les bailleurs, les modérateurs. Personne ne les imaginerait travailler gratuitement. Pourquoi les auteurs sont-ils traités différemment ? »

 

Le raisonnement est simple, et semble convaincre outre-Manche : les auteurs prennent sur leur temps de travail pour ces interventions, et doivent donc être rémunérés en conséquence. D'autant plus que les revenus générés par d'éventuelles ventes de livres sont très fluctuants, et non garantis. « Les écrivains doivent être payés, ce sont aussi eux qui font le succès d'un festival », ajoute l'auteure Mel Sherratt.

 

Linda Grant, notamment lauréate du Orange Prize for Fiction en 2000, explique que les frais sur place seront pris en charge par l'éditeur, mais qu'ils devraient faire partie des budgets des festivals et salons, avant tout.

 

Les organisateurs britanniques de festival conviennent de l'impératif du paiement des auteurs : le Chipping Norton Literary Festival divisera les bénéfices de l'événement annuel et les répartira entre les 70 auteurs invités, pour garantir une rémunération. « Je suis la première à souligner que ce n'est pas le meilleur modèle, mais c'est au moins une avancée par rapport à l'absence de paiement », souligne Clare Mackintosh, organisatrice de l'événement et elle-même auteure.

 

Peter Florence, directeur du Festival de Hay, admet que les paiements sont effectués en « liquide, livres ou en vins (sic) », mais qu'il n'y a pas de discriminations entre les auteurs. D'autres festivals ne paient pas les auteurs, mais assurent que les équipes sont mobilisées pour faire en sorte que les livres se vendent. Ce qui, bien souvent, n'est pas suffisant.

 

Pour la France, le 8 décembre 2014, le Centre National du Livre avait annoncé, parmi les réformes de ses dispositifs d'aides, la mise en place d'une rémunération obligatoire des auteurs à partir de 2015 en accompagnant les organisateurs qui l'appliquent, avec un moratoire d'un an pour les autres. L'attribution des aides sera d'ailleurs conditionnée à cette rémunération lors des événements et autres manifestations.