Salman Rushdie se prépare à écrire ses mémoires

Clément Solym - 19.07.2010

Culture, Arts et Lettres - Salons - rushdie - versets - satanique


Vingt ans après avoir fait l’objet d’une fatwa, Salman Rushdie se lance dans l’écriture de ses mémoires. « Je suis en train de l’écrire », a annoncé l’auteur britannique lors d’un évènement organisé par son agent littéraire la semaine dernière.

C’est un auteur âgé de 63 ans qui a évoqué le projet de publier une partie de sa vie depuis le 14 février 1989, lorsque l’ayatollah Khomeyni condamne à mort Rushdie et toute personne impliquée dans la diffusion des controversés Versets sataniques.

« J’ai pensé qu’il était peut-être temps de raconter cette histoire », a-t-il indiqué. « Avant tout, J’étais dedans et ce n’était pas agréable. Puis c’est passé, et j’ai pensé que la dernière chose dont j’avais envie était bien de me plonger à nouveau dans ça et y penser pendant les prochaines années ».


Si l’auteur a opéré un tel changement, plusieurs facteurs peuvent en partiellement l’expliquer, comme la prise en charge de ses archives personnelles par l’université américaine d’Emory (Atlanta). Une autre raison pourrait-être l’envie de faire taire les nombreuses rumeurs qui circulent sur sa vie passée sous protection rapprochée. On se souvient du procès qu’il avait intenté à un de ses anciens gardes du corps en 2008 à la suite d’un livre colportant certaines rumeurs. Parmi les plus importantes qui ont été diffusées, une faisait état de son hébergement dans une des demeures luxueuses de Bono à Dublin.

Pour l’heure, l’auteur des Versets sataniques a déjà produit 70 pages et explique que ses capacités rédactionnelles l’aident à approcher son travail comme s’il s’agissait d’une fiction. La pudeur passée, et le courage de se mettre en scène chevillé au corps, Rushdie se replonge dans la décennie de son exil. Dix années noires pendant lesquelles son traducteur japonais a été poignardé à mort, son éditeur norvégien blessé par balle et 37 personnes sont morts dans un incendie commis dans le but de tuer son traducteur turc.

L'auteur indien naturalisé anglais et annobli par la Reine avait renoncé à sa protection lorsque le gouvernement iranien avait rendu la fatwa caduque en 1998. Mais pas pour l'actuel ayatollah de Téhéran qui a maintenu la sentance par contumace.


(crédits phtographiques Mariusz Kubik)