Salon du livre à Bagdad : 20 ans qu'on n'avait pas vu ça

Clément Solym - 06.05.2011

Culture, Arts et Lettres - Salons - salon - livre - bagdad


L'Irak, depuis quelques années assimilé à la présence de troupes notamment américaines, venues apporter la bonne parole occidentale après la disparition du dictateur Hussein... Tout un pays qui vivait de guerres et d'embargos, et va finalement s'ouvrir de nouveau aux livres.

Voilà quelques 20 années que l'Irak n'avait pas accueilli dans sa capitale un salon du livre, et cette année s'est donc clôt la première nouvelle édition. Au menu, 200 éditeurs, venus de 32 pays, et présentant 37.000 ouvrages.


Pour Safrah Naji, membre du comité d'organisation de la Foire internationale du livre de Bagdad, la ville a su retrouver « sa place sur la carte culturelle mondiale », explique-t-il à l'AFP. D'autant plus que c'est l'État qui en est à l'origine, là où les précédentes éditions relevaient d'initiatives de sociétés privées.

Abdelwahab al-Radi, président de l'Association des éditeurs irakiens, rappelle même que la dernière foire du livre avait eu lieu en 1990, peu de temps avant la première guerre du Golfe, impulsé par Bush père. En comme par la suite, Saddam Hussein avait une mainmise complète sur le pays, les sanctions et la répression avaient eu raison d'une telle manifestation.

Un dictateur dont la légend veut qu'une version du Coran ait été écrite avec son sang, et qui fait d'ailleurs l'objet, aujourd'hui, de précautions excessivement nombreuses. (notre actualitté)

Cette année, dans les allées, entre les livres, les visiteurs étaient nombreux, mais surtout ravis. On achète en masse, pour lire plus tard, peu importe : on stocke les livres, denrées rares. Au point que certains se demandent si la ville ne redécouvre tout simplement pas le plaisir de la lecture et des livres.