Salon du Livre: Repliée sur elle-même la littérature française ?

Xavier S. Thomann - 23.03.2014

Culture, Arts et Lettres - Salons - Xavier Darcos - Marie Darrieussecq - Stendhal


La littérature française est-elle trop centrée sur elle-même ? Il semblerait que non. C'est en tout cas ce que tendent à démontrer les missions Stendhal. L'Institut français permet à de nombreux auteurs de voyager pour trouver l'inspiration nécessaire à leur oeuvre. Etaient présents pour en témoigner: Maylis de Kerangal, Marie Darrieussecq et François Jonquet. Xavier Darcos (Institut Français) était également présent pour ce débat animé par Judith Roze.

 

 

 

 

Xavier Darcos a donc rappelé le principe des missions Stendhal, qui existent depuis 25 ans. L'objectif premier est d'encourager un écrivain dans son travail d'écriture, en lui permettant de s'installer dans un autre pays pour pouvoir écrire. Il y a ainsi eu 600 lauréats, parmi lesquels on compte des auteurs tels que Patrick Deville, Caryl Férey ou Gérard Macé. L'écrivain y accomplit un rôle de passeur - certains diront d'évangéliste...

 

François Jonquet, écrivain et critique d'art (il vient de faire paraître les Vrais paradis chez Sabine Wespieser) a raconté son voyage à Berlin. Voyage qu'il a pu réaliser grâce aux missions Stendhal. Il s'est rendu en Allemagne sur les traces de David Bowie à Berlin, avec pour ambition d'écrire un roman sur le Berlin d'avant la chute du mur. 

 

Mais les voyages ont des conséquences pour le moins surprenantes. François Jonquet est revenu avec un livre sur Paris. Explications : « Le fait d'être à Paris m'a permis de rêver Paris ». 

 

Même chose chez Maylis de Kerangal, pour son roman Naissance d'un pont. L'auteure a passé du temps près de San Francisco, mais le livre n'a pas pour autant d'inscription géographique et topographique précise. Cela dit, « sans le voyage j'aurais écrit un autre livre » a-t-elle expliqué. Le voyage a eu un impact sur l'écriture, mais pas un impact documentaire. « Ce que j'ai ressenti a infusé le livre. »

 

Marie Darrieussecq n'a pas tari d'éloges sur les vertus des missions Stendhal. « Les voyages ont une force ». Quand bien même on ne se rendrait pas sur place dans l'optique de faire un documentaire, l'auteur est influencé d'une manière et d'une autre. Au niveau de la langue par exemple. S'imprégner d'un français de l'étranger a des conséquences sur son propre style, sa prosodie, son rythme. 

 

Bref, tous s'accordent à dire que la littérature a tout à gagner quand elle s'inscrit dans un geste d'ouverture qui nourrit l'écriture. Personne ne dira le contraire, mais on trouvera peut-être un brin germano-parisien la production contemporaine, dans sa grande majorité.