Salon du Livre : 'une offre professionnelle, pas des rendez-vous névrotiques'

Antoine Oury - 04.03.2015

Culture, Arts et Lettres - Salons - Salon du Livre de Paris - éditeurs absence Hachette - vente de droits international


Le Salon du Livre de Paris organisait ce matin une conférence de presse pour présenter son édition 2015 et ses quelques nouveautés. Le commissaire général de l'événement, Bertrand Morisset, en a également profité pour préciser les objectifs du Salon. Réunir les professionnels, certes, mais dans une logique spécifique de rencontres et d'émulation, plus que dans celle d'une vente de droits façon Francfort, avec ses « rendez-vous névrotiques ».

 

 

Christine de Mazières (SNE), Vincent Montagne (SNE), Bertrand Morisset (Reed Expo) - Salon du Livre de Paris 2015

Bertrand Morisset, au micro, aux côtés de Vincent Montagne et Christine de Mazières, du SNE

(ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

 

 

La question n'a pas tardé à fuser, pendant la conférence de presse : quelle serait la réaction du Salon face à l'absence des cinq maisons littéraires du groupe Hachette ? Après avoir souligné que 12 maisons du groupe seraient bien présentes Porte de Versailles, le commissaire général a précisé quelques points.

 

« Le Salon du Livre s'est engagé à proposer des tarifs abordables pour les petites maisons d'édition, et ce sont aussi les grandes maisons qui assument cet effort. La situation économique de l'édition est globalement à la baisse, et ce sont des raisons budgétaires qui poussé ces maisons à se passer d'un stand cette année. En 2010, il s'agissait d'une vraie remise en question du Salon, à laquelle nous avions répondu », explique le commissaire général.

 

Si l'année 2014 a effectivement été moins bonne que la précédente chez Lagardère Publishing, on parle tout de même d'un chiffre d'affaires de 2,004 milliards €, contre 2,066 milliards € l'année précédente.

 

Soit. Le commissaire général du Salon ne veut pas s'arrêter aux absents, mais plutôt mettre en avant les progressions du Salon et des professionnels : ainsi, l'événement se veut plus ouvert aux petites maisons, et à la représentation internationale. « En deux ans, le nombre de pays représentés a doublé », explique Bertrand Morisset, « pour atteindre 50 pays cette année ».

 

Avec 20.000 visiteurs professionnels, sur 200.000 personnes au total, le Salon n'a pas à rougir, estime l'organisateur. « Les ventes de livres aux visiteurs sont évidemment importantes, mais ne constituent pas un critère décisif. Le Salon veut accompagner le métier, et il le fait par exemple avec le Forum professionnel, ou les squares thématiques, qui permettent pour 600 € d'être présent au Salon. Le Salon représente ainsi l'offre la plus éclectique en France, pendant 4 jours, en offre physique. C'est très important. »

 

Ainsi, le Salon du Livre de Paris marque sa différence, et, surtout, l'assume : « Paris n'est pas un centre de vente de droits, c'est clair. Nous voulons une offre professionnelle internationale, mais avec de vraies discussions, pas des rendez-vous névrotiques », explique le commissaire général. Le Bureau international de l'Édition française (BIEF) propose ainsi 2 jours de rencontres, avec 60 éditeurs français et 50 éditeurs brésiliens.

 

Talentueux indés, le samedi, permettra également à des maisons indépendantes francophones de proposer leur production, dans des séances de speed speeching. Reste tout de même au Salon à attirer plus d'éditeurs britanniques et américains, ce que reconnaît le commissaire général, qui signale aussi une croissance régulière des cessions de droits à l'international sur les dernières années.

 

Par ailleurs, certaines régions ont dû renoncer à leur présence au Salon, comme la Bretagne ou la Corse, mais les éditeurs régionaux seront présents, assure Bertrand Morisset, grâce à des subventions par les régions.

 

L'entertainment et le spectacle pour les visiteurs

  

Bertrand Morisset (Reed Expo, Salon du Livre de Paris)

Entertainment, oui (ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

 

 

Côté grand public, le Salon se félicite de proposer la plus forte densité de visiteurs, Porte de Versailles : 200.000 personnes rassemblées en 4 jours sur 40.000 m², c'est plus que le mondial de l'automobile « et c'est pour le livre ! », précise le commissaire général. « Le mois de mars est celui où l'on parle le plus du livre, avec 20 millions € d'équivalents de retombées médiatiques », souligne Bertrand Morisset. 

 

La présence des politiques, avec les visites de Manuel Valls, François Hollande, et la présence « quotidienne » de Fleur Pellerin, est aussi un facteur de satisfaction.

 

Avec six heures de visite de moyenne, le Salon, « c'est mieux qu'un parc d'attractions, et je le pense », souligne Bertrand Morisset. Et si l'on a besoin de rafraichissements, le spot TV réalisé pour le Salon 2015, qui sera diffusée sur France Télé, est fresh :

 

 

 

 

Malgré des consignes de sécurité renforcée, plan Vigipirate oblige, le Salon accueillera 30.000 enfants au sein de groupes scolaires. Les distributions de Chèque Lire par le CNL sont toujours de mise, et permettront à certains « d'effectuer leur premier acte d'achat, pour s'offrir ou offrir un livre, quelque chose d'important pour le Salon », souligne Bertrand Morisset.

 

La présence de grands auteurs, interrogés sur leur œuvre, la politique ou la société, permettront également de varier des dédicaces, avec la venue, entre autres, de Kamel Daoud et Plantu, ou encore de Pierre Moscovici et Jean-Marie Cavada, pour le versant politique européenne.

 

Sur les dédicaces, régulièrement décriées, Bertrand Morisset rappelle qu'elles « constituent un moment privilégié entre le lecteur et un auteur. Ce sont de belles rencontres, qui font aussi partie du tout qu'est le Salon du Livre. Je pense par exemple aux éditions Bargain, qui vont faire signer 200 auteurs. Certains ne rencontreront peut-être que 5 lecteurs, mais ce seront des moments privilégiés. »

 

 

Quant à la présentation complète, elle se trouve ci-dessous :