Sarkozy, 'chien dans un jeu de quilles', n'ira pas au Salon du livre

Clément Solym - 18.03.2012

Culture, Arts et Lettres - Salons - Nicolas Sarkozy - Salon du livre de Paris - visite


Que ce soit, pour les uns « un mauvais calcul que de passer après son concurrent socialiste », auteur d'une intéressante intervention, ou pour l'organisation, « une impossibilité, en terme de sécurité », le candidat sortant n'est plus attendu sur le Salon du livre. 

 

La chose ne fera probablement pas plaisir à Antoine Gallimard, qui, durant la Foire du livre de Brive-la-Gailliarde, avait regretté que Nicolas Sarkozy n'ait « jamais eu le temps de venir au Salon du livre de Paris ». Une Foire où déjà, Hollande était venu faire son numéro de séduction de l'édition, par ailleurs.  (voir notre actualitté)

 

C'est que déjà, François Hollande y soulignait les risques, pour l'édition, que représentait l'essor du livre numérique : « Aujourd'hui, il faut être très attentif à ce que va être l'enjeu du livre numérique. » Une phrase sensiblement similaire à celle lâchée durant son intervention ce matin, sur le stand de la région Île-de-France. Le candidat, évoquant le livre, objet « de savoir, de connaissance, vecteur si important pour la diffusion de la culture, [...] est aujourd'hui menacé, menacé par l'évolution technologique, le numérique, menacé par une fiscalité qui ne lui est pas favorable ». (voir notre actualitté)

 

Illustration Le PiXX

 

 

Pas non plus de présence de Carla, qui avait pourtant assuré une visite de courtoisie, pour la remise des chèques-lire aux élèves de primaire et collège. Cette année, les 12.000 qui ont été remis le furent en chanson, au rythme de Camélia Jordana. 

 

« De toute manière, il n'a même pas sorti de livre », ricane un libraire.

 

Certes. Plus sérieusement, l'organisation nous explique combien les mesures de sécurité nécessaires à la visite du président auraient été prises largement en amont, si ce dernier avait décidé de se rendre au Salon. « Il faut établir le parcours, faire venir les démineurs, contrôler les accès. Bien sûr, on n'exclut pas la possibilité d'une visite demain matin à l'aube. Mais sans public, cela n'aurait aucun intérêt pour lui, et surtout, on comprendrait mal que, cinq années durant, il ait fait l'économie du Salon du livre, pour qu'en fin de mandat, il délaisse la soirée d'inauguration pour venir à la dernière journée du Salon cette année. »

 

Erreur stratégique, désintérêt pour la culture en général, et la lecture autant que les livres plus particulièrement, c'est certain, Nicolas Sarkozy ne viendra pas. 

 

Ou alors pour avoir l'air d'un chien dans un jeu de quilles - voire « d'un éléphant dans un magasin de porcelaine. Comme quoi, les éléphants ne sont pas l'apanage du PS », conclut notre libraire.

 

Du côté de l'Elysée, personne n'était là pour nous répondre. Probablement une journée comme une autre au Palais...