Sauver les Mots Doubs : une pétition et de vifs débats

Cécile Mazin - 02.03.2016

Culture, Arts et Lettres - Salons - mots Doubs - manifestation littéraire Besançon


L’édition 2016 annulée, des rivalités politiques entre la ville et le département : Besançon n’hébergera pas sa manifestation Les Mots Doubs. Au conseil départemental, on évoque des restrictions budgétaires impérieuses, mais également le besoin d’impliquer financièrement la Région. Mais les habitants ne se laissent pas faire.

 

 

 

Adressée à Christine Bouquin, présidente du département, une pétition a recueilli 885 soutiens en quatre jours. 

 

En tant que Bisontine, en tant que lectrice, en tant que citoyenne, cette désirions me paraît injuste. À un moment de notre histoire où les différences se font de plus en plus présentes, et où le lien social est de plus en plus indispensable, la Culture est un socle qui permet de rassembler tout un chacun. Et les Mots Doubs ont toujours rempli cette mission jusqu’à présent.

Un moment unique de voir rassembler en un même lieu des écrivains de tous horizons, des libraires, des lecteurs, des curieux. Un lieu exceptionnel comme la Gare d’Eau de Besançon, mis en valeur par la Région pendant quelques jours.

Une occasion pour les enfants d’être sensibilisés aux livres, de rencontrer des illustrateurs et des auteurs, et de réaliser des travaux pédagogiques avec leur classe. Une occasion d’échanger, de débattre, de faire circuler des idées. Tout cela n’a pas de prix, en tout cas pas un prix qui soit quantifiable dans un livre comptable.

C’est la raison pour laquelle, Madame Bouquin, je ne peux pas imaginer, ainsi que tous les signataires de cette pétition, que vous mainteniez l’annulation de ce si joli festival que sont Les Mots Doubs.

 

 

Ludovic Fagaut, vice-président du Conseil départemental assurait que l’année 2017 verra la création d’une autre chose. « Après la présentation du projet départemental par Christine Bouquin en mars, nous aurons un comité de pilotage début avril avec différents acteurs économiques et culturels pour pouvoir reconstruire ensemble un nouvel événement culturel et littéraire et qui intégrera aussi plus massivement différents publics. »

 

Le ton monte dans les débats publics

 

Christine Bouquin est maire de Charquemont, ayant démissionné de l’UMP en 2008 : suite à l’élection au Conseil départemental, elle dispose d’un mandat pour six ans. Jusqu’à lors, elle ne s’est pas exprimée concernant l’arrêt de la manifestation. En revanche, des mots pas tout à fait doubs ont fusé, suite au Conseil municipal de Besançon, ce 29 février. (via Ma Commune)

 

La question de la manifestation est rapidement devenue le sujet principal. Ainsi, le conseiller PC, Christophe Lime, a dégainé en interpellant Ludovic Faugaut : « En 2017, cela pourrait avoir lieu ailleurs dans le département. Peut-être même à Morteau. Mais pourquoi pas ? Mais je prends note que vous êtes un fervent supporter du rayonnement de Besançon (…) Ma question est celle-ci : quel lieu pour accueillir 30.000 personnes avec des transports en commun, des TGV, des hôtels. Mieux que Besançon pour le faire ? »

 

Pascal Bonnet, Les Républicains, a demandé au maire de se montrer raisonnable, et de respecter les choix du Département. « Je suis attaché à cet événement, à la littérature, mais, lorsque j’entends l’ancienne majorité départementale (PS) s’insurger aujourd’hui, je me pose des questions. A-t-elle réfléchi à une évolution qui permette de pérenniser les Mots Doubs à partir du moment ou l’on sait que le contexte budgétaire oblige le Département à se recentrer sur ses compétences ? » 

 

Le vice-président a tenté de calmer le jeu, et renvoyé l’opposition dans ses six mètres. Et de pointer que l’événement coûte un demi-million d’euros. « En terme de philosophie, les Mots Doubs appartenaient à la politique de la communication du Département. Lors de mon arrivée au mois d’avril à ma délégation en tant qu’adjoint au sport à la jeunesse et à la culture, je pensais piloter la manifestation des Mots Doubs. Ce que je trouve aberrant. »