Seigneur des Anneaux : Peter Jackson meilleur que Tolkien selon Rushdie

Clément Solym - 01.07.2013

Culture, Arts et Lettres - Cinéma - Salman Rushdie - Seigneur des Anneaux - PEter Jackson


Le romancier fait actuellement la tournée promotionnelle pour vanter les mérites de son livre, adapté sur grand écran, Les Enfants de minuit. Et en Espagne, les avant-premières commencent, donnant à l'écrivain l'occasion de prendre la parole. Mais c'est depuis Toronto, pour le Festival international du film, que l'agence espagnole EFE, s'est entretenue avec Salman Rushdie. Et qu'il s'est confié.

 

 

one ring to rule them all

 

 

Et Rushdie a fait une déclaration d'amour incroyable, à l'attention de Pedro Almodóvar. « Je l'ai rencontré une fois, et je pensais que c'était un grand homme. J'admire grandement les réalisations techniques d'Almodóvar. Il peut faire des films avec des histoires très complexes, comme dans Hable con ella. Il y a des histoires dans les histoires, et elles ne sont jamais perdues, de par l'habileté avec laquelle il réalise son film. » 

 

Les enfants de minuit, c'est avant tout un livre, qui s'est vendu à des millions d'exemplaires, et, ajoute Rushdie, avec un nombre incalculable de versions piratées. « Cela existe depuis 40 ans », plaisante-t-il. Mais rien de menaçant pour l'industrie du livre. 

 

« Je ne pense pas que le livre soit en danger. En fait, ce qui se passe ces jours-ci dans le monde du cinéma, c'est que, si le film est mauvais, il disparaît sous deux semaines. Le film disparaît, mais le livre reste toujours là, si rien ne se passe. Et si le film est un succès, il attire des gens vers le livre, peut-être une nouvelle génération de lecteurs », analyse le romancier.

 

Dans son cas, la réussite du film est assez évidente, mais tous les livres ne se prêtent pas au portage sur grand écran. D'ailleurs, le scénario est essentiel dans cet exercice, et pour Rushdie, personne d'autre que lui n'était en mesure de le rédiger, pour ce livre publié voilà 30 ans - alors qu'il n'avait que 28 ans. 

 

Reste que pour certaines adaptations, lui-même n'hésite pas à trouver la réalisation cinématographique meilleure que celle du livre. « Je pense que les films de Peter Jackson sur le Seigneur des anneaux sont meilleurs que les livres : il me semble que le langage visuel de Jackson est plus sophistiqué que la prose de Tolkien. »

 

Un peu d'histoire...

 

L'histoire de ce film est d'ailleurs une rencontre étant chargée de symboles. Entre Deepa Mehta, réalisatrice, scénariste et productrice canadienne, et Salman Rushdie, le romancier britannique, qui a dû fuir l'Inde, il y a tout un pays commun : l'Inde. Et voilà quatre ans, tous deux ont eu l'occasion de dîner ensemble. Fructueux repas.

 

Au cours de la conversation, Rushdie et Mehta ont eu l'occasion de discuter du roman, Les enfants de Minuit. Enthousiaste, la cinéaste pose de nombreuses questions, et le romancier, forcément flatté, décide de lui offrir les droits d'adaptation. Ou plutôt, symboliquement, de lui céder pour un dollar.

 

« Salman et moi avions souvent parlé de travailler ensemble. Un soir, durant le dîner, je lui ai demandé qui avait les droits des Enfants de Minuit. Il a répondu que si je le souhaitais, je pouvais les lui acheter et il a conclu l'affaire pour un dollar. Ce n'était pas prémédité, juste guidé par l'instinct », explique la réalisatrice, nominée pour les Oscars.

 

D'ailleurs, Rushdie n'était lui-même pas très chaud, pour prendre part à l'adaptation de son livre pour le cinéma. Mais Deepa a su user d'un fort pouvoir de persuasion pour les convaincre d'écrire le scénario. Rushdie avait déjà écrit pour une série télévisée, par le passé, mais cette expérience a marqué le début de son travail dans le monde du long-métrage.

 

« Il a fait un excellent travail, et je suis plus qu'heureuse de lui avoir demandé de le faire », assure-t-elle.