Sextoys et films pornographiques : la tournante Fifty Shades

Clément Solym - 28.12.2012

Culture, Arts et Lettres - Cinéma - Fifty Shades of Grey - adaptation - film pornographique


Le livre de E.L. James a manifestement dépassé les 40 millions d'exemplaires depuis sa sortie en juin 2011 sur le territoire américain, et la trilogie n'a pas fini de faire parler d'elle. Alors que tout le monde veut croquer un petit morceau du gâteau, les studios Universal avaient acheté pour 5 millions $ les droits d'adaptation cinématographique. Fort bien ? Presque.

 

 


 

 

Car un autre studio, Smash Pictures, a décidé de s'inspirer également de Fifty Shades of Grey, pour sortir une version XXX en janvier 2012. Ce qui a poussé Universal et l'éditeur à porter plainte, estimant que les films dérivés en version pornographique étaient « une arnaque pure et simple ». Les studios étaient passablement remontés contre cette initiative« La version X n'est pas une parodie, elle n'explique pas, elle ne critique pas ou ne ridiculise pas le roman original. C'est du plagiat pur et simple », assurait Universal au début du mois.

 

Car, autant on a pu découvrir au fil des années des versions parodiques de Biteman et Robin, ou encore Sperman et autres adaptations de grands comics, autant cette version du film ne serait pas du tout une parodie. Et à ce titre, contreviendrait au droit d'auteur. 

 

Pire : le studio Smash Pictures aurait repris des pans de dialogues du livre, et difficiles dans ces conditions de prétendre à l'exception droit de courte citation... Pour lutter contre cette contrefaçon, Universal et la société Fifty Shades Ltd, appartenant à E.L. James, ont décidé de porter l'affaire devant les tribunaux, entraînant avec Smahs Pictures, un autre studio : Luv Moves, qui lui s'est attaqué à des sextoys estampillés Fifty Shades. 

 

En France, il faut rappeler que les éditions JC Lattès veillent jalousement au nom de la série : l'éditeur avait averti charitablement que quiconque tenterait de faire de l'argent avec le titre, serait bien accueilli, par une armée d'avocats disposés à tirer leur cou...teau, d'entre les dents.

 

C'est que tout cela ne serait qu'une « tentative délibérée de capitaliser sur la réputation de l'ouvrage », explique la plainte. Alors que, si le film que réalisera Universal est une autre forme de capitalisation, celle-ci est parfaitement légale. Pour couronner le tout, les plaignants ont également impliqué une troisième société dans la plainte, rapporte TMZ.

 

Pour le studio Smash Pictures, cette plainte ne serait qu'une blague, sachant que l'adaptation prévue par Universal n'est qu'une sombre édulcoration de la version du livre, spécialement conçue pour passer la barrière des censeurs. « En utilisant les dialogues exacts, les personnages, les événements, l'histoire et le style de la trilogie Fifty Shades of Grey, Smash Pictures a veillé à ce que la première adaptation XXX soit, de fait, aussi proche que possible de l'oeuvre originale. »

 

Sauf qu'en mettant dans le titre Fifty Shades of Grey: a XXX Adaptation, le studio a commis une belle bourde : le terme Parody, et non celui Adaptation, lui aurait permis de ne pas être inquiété par les avocats d'Universal, ou de James.