Sherlock Holmes : un film exceptionnel de 1916 retrouvé en France

Clément Solym - 03.10.2014

Culture, Arts et Lettres - Cinéma - Sherlock Holmes - film ancien - cinémathèque archives


C'est une redécouverte que l'on n'imaginait pas faire et c'est la Cinémathèque française qui l'a annoncée : un film réalisé par Arthur Berhelet et produit par le studio (américain) Essanay a été exhumé des archives de l'établissement. Le film fut produit en 1916 et s'imposerait comme « une adaptation  majeure des aventures du héros de Sir Arthur Conan Doyle pour les holmésiens ou les sherlockians ».

 

 

 

La Cinématthèque est formelle, c'est la seule adaptation de la pièce que William Gillette a écrite, inspirée du livre de Conan Doyles, qui connu un immense succès, entre 1899 et 1932, ce qui explique le portage au cinéma. « Son adaptation théâtrale en 4 actes qui avait été relue et cosignée par Conan Doyle, entremêle plusieurs romans et nouvelles publiées par le grand écrivain. »

 

Et la Cinémathèque d'ajouter : « William Gillette était aussi un acteur de renom qui a incarné le détective sur scène pendant près de trente ans, et qui reprend son rôle dans cette adaptation cinématographique. Tout en étant la seule trace de la performance de l'acteur, ce film permet aussi de découvrir les créations apocryphes de celui-ci, qui semblent s'être inscrites presque naturellement dans la mémoire collective en devenant des archétypes holmésiens. »

 

Certains accessoires, comme la pipe courbée ou la canne, diffèrent en effet du texte original, mais ont été conservés par la suite. De même pour la réplique, cultissime, « Elémentaire, mon cher Watson » !

 

« L'élément qui a été retrouvé à la Cinémathèque française est un contretype nitrate complet qui, à ce jour, s'avère être unique au monde. Originellement destiné à l'exploitation française, le contretype contient des intertitres français, et des annotations de teintes. Cette dernière particularité demeure surprenante car les films Essanay n'ont que très rarement été exploités en couleur sur le territoire américain. Il nous paraît dès lors plausible que la version en couleurs ait été créée spécialement pour la France. »

 

Actuellement en cours de restauration, le contretype est retravaillé par la Cinémathèque française et le San Francisco Silent Film Festival. La généreuse contribution de donateurs a également permis cette entreprise.