Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

Six romans, la dernière vague du Prix de Flore 2012

Clément Solym - 03.10.2012

Culture, Arts et Lettres - Récompenses - Dans le port d'Amsterdam - Jacques Brel - Prix de Flore


La vie est dure, mais elle est ainsi faite, que dans toute sélection de livres pour un prix, il y a d'un côté, ceux qui restent, et de l'autre, ceux qui partent. Et avant que le café de Flore ne batte son plein, aux rythmes endiablés de la célébration organisée pour le grand vainqueur, un petit moment de silence pour ceux laissés sur le bas-côté...

 

 Dans le café de Flore,
Y a des auteurs qui pleurent
Les rêves qui s'écroulent
Au large du décor
Dans le café de Flore

Y a des auteurs qui grognent
Comme des âmes en peine
Le long des berges mornes

 

 Dans le café de Flore,
Y a des auteurs qui meurent
Pleins de blanc et de drames
Aux premières lueurs
Mais dans le café de Flore,
Y'a un auteur qui naissent
Dans la chaleur épaisse
Des langueurs germanopratines [NdR : ok, c'est un chouia bancal...]

 

 Dans le café de Flore,
Y a des auteurs qui mangent
Sur des nappes trop blanches
Des poissons ruisselants
Ils vous montrent des dents
A croquer la fortune
A décroisser la Lune
A bouffer des haubans
Et ça sent la morue
Jusque dans le coeur des frites
Que leurs grosses mains invitent
A revenir en plus
Puis se lèvent en riant
Dans un bruit de tempête
Referment leur braguette
Et sortent en rotant

Dans le café de Flore,
Y a un auteur qui danse
En se frottant la panse
Sur la panse des femmes
Et il tourne et il danse
Comme des soleils crachés
Dans le son déchiré
D'un accordéon rance
Il s'est tordu le cou
Pour mieux s'entendre rire
Jusqu'à ce que tout à coup
L'accordéon expire
Alors le geste grave
Alors le regard fière
Il ramène sa batave
Jusqu'en pleine lumière

 Dans le café de Flore,
Y a des auteurs qui boivent
Et qui boivent et reboivent
Et qui reboivent encore
Ils boivent à la santé
Des putains d'Saint Germain
De Bottin et d'ailleurs
Enfin ils boivent aux dames
Qui leur donnent leur joli prix
Qui leur donnent leur vertu
Pour une pièce en or
Et quand ils ont bien bu
Se plantent le nez au ciel
Se mouchent dans les étoiles
Et ils pissent comme je pleure
Sur les femmes infidèles

 

Dans le café de Flore,
Dans le café de Flore.

 

Bref, tout ça pour dire que les derniers en piste sont les suivants...

 

- Pit Agarmen, "La nuit a dévoré le monde" (Robert Laffont)

- Aurélien Bellanger, "La théorie de l'information" (Gallimard)

- Anne Berest, "Les patriarches" (Grasset)

- Oscar Coop-Phane, "Zenith Hôtel" (Finitude)

- Philippe Djian, "Oh..." (Gallimard)

- Anne Serre, "Petite table sois mise !" (Verdier)