Smashwords : 50.000 titres, 20.000 auteurs

Clément Solym - 26.05.2011

Culture, Arts et Lettres - Salons - smashwords - edition - auteurs


Le service de diffusion d'auteurs et d'éditeurs indépendants, Smashwords, vient de passer deux caps symboliques, dans la constitution de son catalogue. En l'occurrence, ce qui fait presque peur, c'est qu'à lui seul, il compte près des 3/4 du catalogue français d'ebooks...

Mais inutile de tomber dans la morosité. Smashwords nous indique en effet avoir dépassé les 20.000 auteurs à son catalogue, mais également les 50.000 titres, le 23 mai. Et n'en finit pas de multiplier les moyens de se diffuser.


Ce qui leur laisse envisager une belle marge de progression encore, de quoi probablement dépasser les 75.000 titres à la fin de l'année 2011, contre 28.800 recensés en fin 2010.

« La chose la plus enthousiasmante dans ce double jalon, c'est que nous avons seulement gratté la surface de ce qu'il est possible de faire », ajoute le site.

De quoi redonner le sourire à François Bon, qui ce matin a dégainé très tôt et très fort, en proclamant que l'édition française est « en danger grave ».
On a tendance parfois à brasser des idées noires : je considère que l’édition française est en danger grave. Des déclarations convergentes, étayées par des tas de décisions repérables : dans la mutation qui s’amorce, leur stratégie c’est de faire barrage. Une offre extrêmement restreinte (au regard même de ce qui est déjà numérisé chez chaque éditeur), une offre commerciale aberrante (bien trop chère, et bardée de DRM Adobe inserviables, à vous dégoûter les meilleures volontés).
Des décisions que les gros poissons du SNE ont prises avec toutes leurs capacités d’analyse et leurs diplômés patentés d’écoles de commerce aux commandes. « Ne pas se hâter », leur leitmotiv partout répété, mais la façon dont ils le disent c’est Frigidaire aux commandes – mieux vaut que personne ne vende, si ça permet de faire perdurer le fragile équilibre actuel, équilibre de plus en plus trompe-l’oeil.

Cela conduit à d’autres aberrations en aval : des milliers d’euros bazardés pour des études sur comment affronter les réseaux peer-to-peer, des chiquaneries bureaucratiques pour écraser leurs noisettes sous le rouleau compresseur Google, le refus d’être présent sur iTunes alors que tous les utilisateurs d’iPad en font un outil quotidien etc.

Tellement pas faux, tout cela...