Starbuck illégalement inspiré de Spermatofolie, selon l'éditeur

Clément Solym - 27.07.2012

Culture, Arts et Lettres - Cinéma - Starbuck - plagiat - Ken Scott


L'auteur de Spermatofolie, Guillaume Cochin, et son éditeur JC Gawsewitch ont décidé de poursuivre en justice les producteurs et le réalisateur du film Starbuck, en salles depuis le 27 juin dernier. Motif : le film serait largement inspiré du roman paru en 2007, lui-même inspiré... des mêmes faits réels.

 

SPERM!

(auteur : Mil)

 

 

Le premier film du québécois Ken Scott raconte l'histoire de David Wozniak, surnommé Starbuck par son entourage, incurable fainéant, mais donneur de sperme à la générosité sans bornes : un jour, 533 gamins viennent lui mettre sous le nez les responsabilités de la paternité. Ce scénario catastrophe a été écrit par Scott, qui décrivait ainsi son inspiration, pendant la promo du film : « Dans les premiers jours d'écriture, nous redoutions de forcer le trait en imaginant que Starbuck était le père de 150 enfants. Et puis, en lisant les journaux, on a découvert l'histoire d'un type qui était le géniteur de 350 gamins ! Du coup, nous avons pris le parti d'exagérer encore plus et d'en attribuer 533 à notre personnage. »

 

Pour les éditions JC Gawsewitch, contactées par ActuaLitté, « beaucoup de choses se recoupent entre le livre et le film », ce qui a poussé l'auteur de Spermofolie et son éditeur à « entamer une procédure judiciaire, avec une mise en demeure ». « L'histoire vraie dont s'inspire le film a été révélée en 2007, par ce livre » : effectivement, le pitch est le même. Curieux, pour une histoire vraie, non ?

 

« Guillaume Bodin, le personnage principal de ce roman, masturbateur chronique, se sent irrémédiablement inadapté pour vivre en société. Reclus dans son appartement, il mène une existence oisive jusqu'au jour où il découvre une petite annonce : une banque de sperme cherche des donneurs. Sa vie va dès lors basculer. Il devient le donneur D.A.1922.M » peut-on lire sur le site de l'éditeur. Aucune mention des gamins dans le résumé, notons-le au passage, et les premiers résultats sur Internet ne sont pas vraiment plus explicites.

 

Un grand classique...

 

La boîte de production, Caramel Film, et le producteur André Rouleau n'ont pas répondu aux questions d'ActuaLitté, mais quelques quotidiens québécois relaient l'affaire ce matin, et révèlent la réponse du producteur : « J'ai contacté Ken [Scott, réalisateur et scénariste] et Martin [Petit, scénariste], qui m'ont dit n'avoir jamais entendu parler de ce gars-là ou de ce livre-là avant-hier, ni même de leur vie ». Il termine par ailleurs, visiblement peu inquiété par la procédure : « Chaque fois qu'on fait un film à succès, Goon, par exemple, on reçoit ce genre de choses. »


Il est vrai que l'argumentaire de JC Gawsewitch est plutôt... partiel.

 

Quand on les interroge sur les faits réels, et donc sur la légitimité d'une réinterprétation, on nous répond que « même si le film s'inspire de l'histoire vraie, nous avons les droits dessus ». Le tout ressemble donc à un volte-face bien opportun, un mois après la sortie, pour se faire mousser...

 

D'autant plus que Cochin avait assuré la promo du bouquin en 2007 sur le plateau d'On a tout essayé, où sa tendre moitié Péri Cochin officiait en tant que chroniqueuse...

 

En un mot, sortir batterie d'avocats et propriété intellectuelle, avec ces quelques détails, semble quand un peu éjaculé.