Strasbourg : toutes les facettes de Tristan Tzara en une exposition

Julie Torterolo - 23.09.2015

Culture, Arts et Lettres - Expositions - Tristan Tzara - exposition - Strasbourg


Poète, écrivain d’art et collectionneur, Tristan Tzara cumulait les casquettes : dans l'histoire de la littérature, il restera plus certainement comme le fondateur du mouvement Dada. Pour toutes les rassembler, une exposition dénommée « Tristan Tzara, l’homme approximatif » présentera l’artiste sous toutes ses facettes au Musée d’Art Moderne et Contemporain de Strasbourg dès demain.

 

 

 

Souvent limité à son rôle de fondateur du dadaïsme – mouvement intellectuel et artistique né d’un dégoût envers la guerre et refusant toute contrainte idéologique, morale ou artistique –, Tristan Tzara avait plus d’une corde à son arc. Et c’est justement l’ensemble de ces facettes qu’entend présenter l’exposition intitulée Tristan Tzara, l’homme approximatif, reprenant le titre de l'un de ses poèmes.

 

Installée au musée d’Art Moderne et Contemporain de Strasbourg (MAMCS) à partir de demain, elle serait « la première exposition mondiale sur Tristan Tzara », se réjouit auprès de l’AFP Alain Fontanel, adjoint au maire en charge de l’action culturelle. D’autant plus que l’artiste serait lié à Strasbourg par son amitié avec le sculpteur Hans Arp (qui a vu le jour dans la capitale d'Alsace en 1886), affirme l’adjoint au maire.

 

Né en Roumanie en 1895 et mort à Paris en 1963, Tristan Tzara était un poète « d’avant-garde », un ami de Picasso, Miro et Matisse ou encore un collectionneur d’art tribal. Famille de l’artiste et prêts de collections privées et musées ont permis au MAMCS d’installer une reconstitution complète de la vie artistique du poète.

 

Selon l’AFP, l’exposition débuterait avec un portrait de l’artiste réalisé par Francis Picabio. Un choix logique puisqu'après avoir participé au début du mouvement Dada à Zurich, Tzara est venu habiter chez Picabia à Paris.

 

Une exposition qui rend l'artiste "plus compréhensible"

 

Le commissaire général de l’exposition, Serge Fauchereau explique vouloir mettre en avant « le côté constructeur que l'on a oublié chez Tzara ». Pour cet historien d’art et de littérature, la renommée de l’artiste aurait souffert « d’un double embargo, surréaliste et communiste » dû à sa rupture avec André Breton et ses critiques sur la répression soviétique.

 

Tristan Tzara fut le grand témoin de son temps. Il fut également un acteur de son siècle qu’il marqua de ses éclats de voix, de rire et de plume. L'homme au monocle, décrit comme « un génie sans scrupules » par le poète Huelsenbeck, n'aura eu de cesse de développer un engagement poétique et politique. MAMC

 

Ainsi, l’univers de Tzara s’expose au fil des salles : 450 oeuvres de l'artiste, lettres, textes et poèmes annotés, dédicaces de Picasso et Chagall pour l'écrivain, espace dédié à « l’art nègre » en référence à la passion de Tzara pour cette forme d'art ou encore explications de ses engagements politiques se côtoient.

 

« Tzara ne deviendra jamais un auteur populaire, mais je pense qu'on va contribuer à le rendre plus compréhensible », explique Serge Fauchereau. L’exposition fait partie des 19 qui ont reçu cette année le label « exposition d’intérêt national » par le ministère de la Culture. Elle se terminera le 17 janvier prochain.