Supprimer Paris en toutes lettres, piste d'économie pour la Ville ?

Clément Solym - 13.07.2011

Culture, Arts et Lettres - Salons - supprimer - paris - toutes


Du 5 au 8 mai 2011, a eu lieu la dernière édition de Paris en toutes lettres... Mais au vu d'une note interne dévoilée par Le Parisien, l'avenir de cette manifestation apparaît menacée à plus d'un titre.

Déjà, au cours de la conférence de presse organisée pour la présentation de la 3e édition, une petite passe d'armes entre le Maire de Paris, Bertrand Delanoë et l'adjoint à la Culture, Christophe Girard, avait quelque peu fait frémir les professionnels.

Présent durant la conférence, un membre de l'équipe de ActuaLitté se souvient parfaitement de la friction qui avait eu lieu, au point que Christophe Girard refuse de parler du devenir de la manifestation, en présence du Maire, qui avait finalement quitté la pièce.

L'adjoint avait d'ailleurs assuré que la manifestation survivrait bien au-delà de sa troisième édition, et accessoirement, au mandat du maire. Mais rien qui ne puisse permettre de penser à un arrêt de la manifestation pour autant.

Réduire les dépenses

Pourtant, une note interne fait état de « l'arrêt de Paris en toutes lettres », dans le cadre du budget annuel de la Ville qui devra être adopté en octobre 2012. La direction de la Culture envisagerait également deux fermetures de théâtres, comme le précisent nos confrères. En l'occurrence le Vingtième Théâtre et le Théâtre 14. D'autres coupures budgétaires seraient à l'étude, comme celles de bourses pour auteurs, et ainsi de suite. (via Le Parisien)

Des « pistes d'économies » que la direction de la culture pointe donc, mais qui sont démenties par Christophe Girard himself. « Effectivement, ce sont les élus et le maire qui décident, et je peux déjà vous dire une chose : on ne reprendra aucune de ces propositions ! Pour Paris en toutes lettres, pas question de l’arrêter, mais peut-être faudra-t-il revoir la formule.

Quant aux théâtres, il y a des efforts à faire en général, c’est vrai, mais on n’en fermera aucun. Certains comme Paris-Villette coûtent cher à la collectivité, il faut réfléchir à leur fonctionnement. La politique, c’est faire des choix, et nous en ferons pour participer à l’effort d’économie, mais avec toujours en tête nos priorités : l’émergence des nouveaux talents
. »

La Res Publica

C'est que... avec un maire qui a apporté son soutien à Martine Aubry, dont la culture est l'un des chevaux de bataille, et représente une certaine légitimité, ce type de coupure budgétaire serait très malvenu. Particulièrement lorsque l'on approche des primaires socialistes, et que l'on se retrouve à quelques mois d'une élection présidentielle.

En revanche, que la direction de la Culture de Paris supporte mal que la manifestation lui échappe - et complètement, puisque tout, ou presque, est externalisé dans son déroulé - voilà qui n'est pas très étonnant.