Le théâtre mobile de Pascal Häusermann : 1 scène, 19 configurations

Antoine Oury - 01.06.2015

Culture, Arts et Lettres - Théatre - théâtre mobile - Pascal Häusermann - architecte


Dans les années 1960, et même avant pour les pionniers, l'architecture se jette dans des expérimentations qui visent à changer le rapport de l'homme avec les structures qu'il investit, ponctuellement ou au quotidien. Les habitations, mais aussi les lieux de loisirs, profitent des nouveaux matériaux disponibles, notamment le plastique, pour adopter des structures mouvantes et malléables selon les envies ou les besoins. Le metteur en scène Patrick Antoine sollicite alors l'architecte Pascal Häusermann, pour la création d'un théâtre mobile...

 

Le théâtre mobile de Pascal Häusermann (crédits : Philippe Magnon)

 

Le metteur en scène et réalisateur Patrick Antoine voulait une structure capable de flotter sur le lac Léman, afin de pouvoir assurer avec sa troupe des représentations à Genève, Lausanne ou encore Évian. L'architecte Pascal Häusermann dessine alors une étrange structure : une sphère principale abrite la salle de spectacle, et la seconde renferme la scène. L'armature de l'ensemble est constituée de tubes métalliques, sur laquelle sont tendues des toiles de plastique (absentes sur la maquette ci-dessus).

 

Le public s'installait au centre de la salle de spectacle, selon une configuration finalement assez proche du théâtre traditionnel. Mais la scène elle-même pouvait adopter 19 configurations différentes, selon les besoins du spectacle. À cette organisation mouvante s'ajoutent 12 cellules en cartons, sortes de satellites capables de faire office de loges, pour un autre point de vue sur le spectacle.

 

Le projet a été réalisé en 1968, puis démantelé en 1971 avec la disparition du metteur en scène Patrick Antoine et la dissolution de sa troupe. Pascal Häusermann, lui, a vu ses propositions pour une autre forme (sphérique) d'architecture devenir de plus en plus difficiles à réaliser à partir des années 1970 et des nouvelles lois d'urbanisme. Décédé en 2011, seule une vingtaine de ses réalisations seraient encore visibles.

 

 

(plus d'informations sur FRAC Centre)