Téhéran : une foire internationale, entre censure et contrefaçon

Nicolas Gary - 28.04.2015

Culture, Arts et Lettres - Salons - Téhéran Iran - livre Foire internationale - droit auteur protection


La Foire du livre internationale de Téhéran sera organisée du 6 au 16 mai et l'agence du livre de l'Iran se félicite déjà de cette 28e édition. Une Foire qui sera colorée, précise Amir Masoud Shahram-Nia, le directeur adjoint. Cette année, les segments éditoriaux seront organisés en fonction de référents couleur. Mais la Foire s'affirme avant tout comme l'événement littéraire de l'année en Iran.

 

 

Book Lover

Hamid Najafi, CC BY ND 2.0

 

 

On jouera aux voyelles de Rimbaud, durant cette édition. La section jeunesse sera peinte en rose, du jaune pour tout ce qui est universitaire. L'international sera marqué en rouge, en orange tout ce qui est pédagogique et le numérique en bleu clair. « De la sorte, les visiteurs peuvent facilement trouver ce qu'ils veulent, en fonction des couleurs de chaque salle », précise le DA.

 

Pour cette manifestation, les organisateurs attendent la visite des ministres du Qatar, du Bangladesh, et évidemment, de l'Iran. Mais en qualité de manifestation internationale, elle attire aussi les organisateurs d'autres villes, comme Paris, Moscou, Bologne ou Oman, assure-t-on.

 

Six ministres étrangers, en tout, voilà de quoi responsabiliser le pays, estime le président du conseil socioculturel de Téhéran, Hiojjat ul-Eslam Abdol-Nasehi. « À la veille de la Foire, nous devons faire de notre mieux pour donner à cet événement la meilleure qualité possible, car il est lié à la fierté et l'honneur de notre pays et notre nation. »

 

La Foire donne une « grande opportunité et nous devons tirer le meilleur parti de cet événement pour montrer nos efforts dans le domaine culturel aux autres pays ». Et le regard d'observateurs étrangers semble stimuler plus que jamais les organisateurs. 

 

Selon l'IBNA, le nombre de livres en langue européenne est en hausse de 20 % pour 2015. Toutefois, notons que les ouvrages généralement proposés sont avant tout des méthodes de langues et des dictionnaires. 

 

Rappelons également que l'Iran n'est toujours pas signataire de la Convention de Berne : l'arrivée d'Ahmadinejad a coupé court aux discussions, et la situation est toujours bloquée à ce jour. Dans le même temps, la contrefaçon est toujours aussi importante, et la cession de droit, également contrainte par la censure, est très délicate. 

 

Sur ce sujet, la 5e Conférence sur la propriété intellectuelle et artistique aura pour objectif assure le ministère de la Culture de rationaliser le respect du droit d'auteur. « La République islamique d'Iran n'a pas encore rejoint les conventions et traités internationaux », insiste Ladan Heidari, secrétaire exécutive de la 5e Conférence.

 

Pour différentes raisons, le ministère de la Culture a choisi de consacrer cet événement à la lutte contre la contrefaçon. « La loi sur la protection du droit d'auteur, des compositeurs et des artistes, adoptée en 1996 stipule que tout travail publié en Iran, pour la première fois, est protégé. Toutefois, elle exclut ceux qui sont publiés à l'étranger pour la première fois. Cette règle découle du principe de la protection territoriale », conclut-elle.

 

Beaucoup à faire, donc...