Tempo di Libri, futur Salon du livre de Milan, veut conquérir tous les publics

Nicolas Gary - 05.10.2016

Culture, Arts et Lettres - Salons - foire livre Milan - Tempo di Libri Milan - AIE Turin Milan lecture


Du 19 au 23 avril, Tempo di Libri sera la grande fête de la lecture, organisée à Milan. Ce 5 octobre, l’Associazione Italiana Editori a présenté, avec le concours de Fiera Milano et de leur société commune, La Fabbrica del Libro, leur manifestation. 

 

Primavera a Milano (Explore)

Piazza del Duomo, à Milan - Bert Kaufmann, CC BY SA 2.0

 

 

Sur 35.000 m2 de superficie, Tempo di Libri s’étendra pour accueillir éditeurs, auteurs, bibliothécaires, libraires et lecteurs, « dans un grand événement où fusionneront tradition et innovation », explique-t-on. Rester en phase avec l’esprit du temps, tout en accompagnant progrès culturels et technologiques, l’ambition est grande. Immense, dans une Italie où 6 personnes sur 10 n’avaient pas lu de livres en 2014. Et la timide embellie de 2015 n’était pas vraiment des plus rassurantes.

 

Les livres les plus divers s’y retrouveront, avec une attention toute particulière accordée « à ceux qui n’ont pas encore découvert les merveilles de la lecture ». Et pour les professionnels, des espaces dédiés leur permettront de rencontrer confrères et autres professions. Giovanni Peresson aura d’ailleurs la responsabilité de la programmation professionnelle.

 

L’événement consacrera des espaces à l’évolution de l’industrie de l’édition – que l’on parle de nouveaux formats, mais plus généralement du livre au XXIe siècle. Sa vie, dans différentes dimensions. Expérimentation, interaction, le tout sollicitant l’effort du public : le projet travaillera à impliquer chacun dans la manifestation.

 

En termes d’exposants, Tempo di Libri accueillera grands éditeurs et indépendants, généralistes et spécialistes. Bien entendu, personne n’a encore digéré le fait que Milan ait ainsi constitué une manifestation sur l’initiative de l’AIE, alors que la Foire de Turin fêtera ses 30 ans d’existence. Le ministre de la Culture, Dario Franceschini, avait d’ailleurs condamné par avance cette manifestation strictement commerciale.

 

Professionnels, territoires, jeunes... menu très alléchant

 

Dans sa programmation, Tempo di Libri invitera dès 2017 un territoire de l’Italie, mis à l’honneur, et un pays invité, à compter de 2018. La foire aura donc bien une vocation internationale pour présenter la plus grande richesse d’œuvres possible. Le principe du Territori del mondo ne se limitera d’ailleurs pas aux frontières d’un État : cela pourra se concrétiser par des bassins culturels, géographiques, linguistiques, etc.

 

L’international sera par ailleurs crucial, puisque de nombreux opérateurs étrangers sont attendus – pas encore annoncés. Chiara Valerio s’est vu confier la programmation globale.

 

Mais la foire du livre se tourne définitivement vers l’avenir, et les jeunes – qui seront au cœur de la programmation. Les organisateurs souhaitent impliquer le plus possible les écoles, pour donner l’opportunité à chacun d’aller à la rencontre des métiers de l’édition. Pierdomenico Baccalario aura pour charge la programmation jeune.

 

Surtout, si cette première édition marque la naissance d’une nouvelle manifestation, ces cinq jours de rencontres ne seront qu’une première étape dans un projet plus vaste. Il semble bien qu’une large part de l’industrie du livre ait décidé de consacrer ses efforts à assurer la promotion du livre dans tout le pays. 

 

« Ceci est un moment important pour nous tous, un moment clef dans le développement du monde du livre », assure Federico Motta, président de l’AIE. « À compter de ce jour, nous nous alignons avec la plupart des expériences internationales où ces mêmes éditeurs se rendent, pour réaliser notre foire nationale. Tempo di Libri veut aller plus loin : il sera la manifestation italienne parce que l’on veut parler non seulement aux épieurs, lecteurs, bibliothécaires, libraires, mais aussi fortement aux non-lecteurs. Nous voulons parler à chacun. »

 

Avec la guerre des salons Turin-Milan, "nous risquons une honte internationale »

 

Le maire de Milan, présent pour la présentation de ce matin, y voit de son côté une opportunité de croissance puissante pour la ville. « Notre cité, en fait, entretient avec l’édition l’une de ses plus grandes motivations, et trouvera la possibilité d’impliquer les citoyens et les touristes avec une impulsion décisive. » Une grande première pour la ville et la région de Lombardie : « Nous sommes la première région en Italie par le nombre de maisons d’édition, qui représentent 20 % du nombre total d’acteurs. Notre objectif est de poursuivre dans cette direction et de toujours bâtir de nouvelles opportunités de croissance », assure Roberto Maroni, président de la région Lombardie.

 

Aller à la recherche de nouveaux lecteurs dans le pays

 

Quant au projet de la manifestation, communiqué par les organisateurs et La Fabbrica del Libro à ActuaLitté, il ambitionne véritablement de convaincre la population. Et de faire disparaître progressivement Turin, en prenant sa place.

 

 

 

Tempo di Libri racontera des histoires, de belles histoires, mais vise avant toute chose à la démocratisation massive de la lecture – à faire du plaisir de lire quelque chose de contagieux. Tous les outils, tous les genres, toutes les solutions seront exploités pour y parvenir. Son logo même exprime combien le livre est un indicateur du temps – avec l’image de ce cadran solaire. 

 

Inaugurer un nouveau salon du livre « cela signifie garder à l’esprit le travail que tous les autres salons italiens et internationaux fournissent, faire fructifier cette expérience et en même temps avoir le courage d’essayer de nouvelles routes », explique La Fabbrica del Libro.

 

Manifestation qui se présente comme le croisement de l’édition italienne et internationale, Tempo di Libri ne manque pas de messages encourageants, dynamiques. Si les lecteurs se parlent et communiquent à travers la toile, l’idée est de les impliquer « en tant que partenaires ». Un esprit communautaire global, pour mettre en exergue la richesse éditoriale, des espaces thématiques propres et des lieux de dialogues. 

 

L’un des grands atouts de l’AIE dans cette opération, c’est que l’association organise déjà l’opération Più libri più liberi, mais coordonne également le projet de réseau européen Aldus – réseau des foires européennes, où se discutent les modèles économiques équitables pour l’avenir. Des foires de toutes tailles, pour s’inspirer des tests de chacun. « Il est évidemment indispensable que le dialogue s’amorce avec Francfort, Londres ou Paris, mais également des exemples de Lisbonne, foire la plus originale, Anvers, la plus dynamique, Vienne et ses métamorphoses, Bucarest et son modèle. »

 

Le 22 octobre, l’AIE assistera à la prémire réunion d’Aldus, lors de la Foire de Francfort. Un premier départ...