Tempo di Libri : Milan boucle une foire du livre avec 60.000 visiteurs

Nicolas Gary - 24.04.2017

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Avec 60.796 visiteurs – chiffre éminemment précis –, la première édition de la foire du livre de Milan s’achève. Tempo di Libri, de son petit nom, donne d’ores et déjà rendez-vous au printemps prochain pour une nouvelle manifestation. 

 



 

Avec la participation de 552 éditeurs, plus de 720 événements et 2000 invités, Tempo di Libri s’achève sur une note plutôt positive. Selon les organisateurs, c’est un miracle milanais qui a eu lieu. « Les éditeurs et les lecteurs se sont retrouvés pour Tempo di Libri, qui est désormais une réalité dans la vie culturelle de la ville. »

 

Le rendez-vous de 2018 prendra par ailleurs en compte les demandes formulées par le ministre de la Culture Dario Franceschini et le maire de Turin Chiara Appendino, que les organisateurs doivent en effet rencontrer à la fin du mois de mai. 

 

En effet, la création de Tempo di Libri s’est opérée alors que la manifestation littéraire historique de Turin, le salon international du livre, intervient le mois prochain. Beaucoup déploraient que l’apparition de la foire milanaise ne porte préjudice à l’ensemble de la profession, et, plus encore, ne déstabilise les professionnels, contraints à choisir l’un ou l’autre des événements.

 

La fondatrice de la maison italienne Add Editore, Francesca Mancini, expliquait à ActuaLitté : « L’industrie italienne paye aujourd’hui le manque de coordination et d’efficacité de l’ensemble des acteurs du secteur (éditeurs, libraires, bibliothécaires, etc.) et d’une partie des institutions, à tort partagés. 

 

La question de la Foire du livre est liée à deux aspects : d’une part, une gestion financière de l’événement trop peu prudente, particulièrement préjudiciable pour les éditeurs. Et de l’autre, l’intention de monter une foire commerciale importante, comme celle de Milan, qui, cherchant à remplir sa programmation, a trouvé un allié dans la principale association des éditeurs italiens. »

 

Le ministère de la Culture italien avait d’ailleurs refusé d’apporter un soutien financier à Milan, pour cette première édition, considérant ses engagements déjà pris avec Turin. Dario Franceschini avait d’ailleurs condamné fermement un salon « strictement commercial ».

 

Et d’ajouter alors : « Quelle importance avons-nous, par rapport à la Foire de Francfort ou celle de Londres ? Nous avions un Salon certes plus modeste, mais qui depuis 30 ans jouit d’une bonne réputation en Europe. Une marque nationale reconnue, qui se trouve maintenant affaiblie par la naissance d’une autre foire, opérée 4 semaines plus tôt, et à 150 km de distance ? »

Reste à définir comment les deux manifestations pourront désormais cohabiter au mieux.
 

Le marché du livre italien au crible

 

Cette année, Tempo di Libri s’est avant tout remarqué par la profusion d’analyses sur le marché du livre italien. 

 

Ce qui était, ce qui est, ce qui sera @TempoDiLibri. La plus géniale équipe. Au revoir #tdl17


La dernière en date portait sur l’exportation de la production des éditeurs, et notamment dans le domaine de la jeunesse et de la fiction – représentant 71,3 % des ventes à l’étranger. Si l’Europe est le continent le plus acheteur, il diminue toutefois, 62,2 % des ventes de 2016, soit un recul de 6 %.

 

De même, les coéditions représentent une part importante de l’internationalisation que connaît le secteur : 1102 ouvrages ont été publiés en coédition, avec 57,7 % de jeunesse, et 18,5 % d’illustré. Deux secteurs où les coûts de production partagés permettent d’alléger la charge pour chacun...