The Library : une magnifique histoire de bibliothèque, de livres et d'amour

Nicolas Gary - 07.01.2017

Culture, Arts et Lettres - Cinéma - court métrage The Library - bibliothèque film fiction - démence maladie mémoire


Quand on aime les livres, on aime les bibliothèques, lieux mystérieux, de secrets : au détour d’une allée, d’un livre, voici que le voyage débute. Le réalisateur Jason LaMotte en était déjà convaincu : c’est pourquoi il a monté une campagne de financement participatif pour créer ce court-métrage, The Library. Son crowdfunding réussi, il a pu produire un film émouvant.

 

 

 

Tout commence sur Kickstarter, et l’envie de réaliser « un film sur un premier amour, sur les bibliothèques, et les écrits qu’elles abritent, et puis la tristesse qui entoure les maladies mentales ». Tout un programme initié en septembre 2014, et qui ne devait aboutir qu’à un court-métrage d’une douzaine de minutes.

 

Si le réalisateur conserve le format du court, le film dure désormais 20 minutes. Le pitch est simple, voire simpliste : « Emily, âgée de 13 ans, commence à recevoir des mots d’un admirateur secret, dans la bibliothèque. Ce qui l’emporte dans un voyage de découvertes à travers la littérature, la romance, et finalement, une histoire personnelle aigre-douce. »

 

À travers les livres, c’est une initiation, un parcours qui se dessine : quel est ce garçon qui courtise Emily si habilement ? Tout commence avec la magie de Cyrano de Bergerac – juste la référence de classement du livre notée sur un bout de papier, puis d'autres viendront.

 

Et dans le même temps, voici l’occasion pour le réalisateur de rendre hommage à la bibliothèque de Houston, au Texas, d’où Jason LaMotte est originaire. Ce que le spectateur devinera, c’est le lien établi entre le lieu et la mémoire, un réseau de correspondances baudelairiennes, mais qui dépasse la poésie.

 

 

 

De fait, spoiler alert, il n’y aura pas de petit amoureux transi, mais une bibliothécaire de 80 ans, Ruth, dont le mari, John, est décédé. Atteint de démence sénile, John a vu son état se dégrader progressivement, et Ruth, pour tenter de l’aider, a recréé cette manière attendrissante qu’il eut de lui faire la cour, en plaçant, justement à travers la bibliothèque, des notes dans les livres. « J’espère que toutes les jeunes filles ayant un amour profond dans le cœur seront aussi chanceuses que moi », confie Ruth. 

 

Et c’est avec le soutien de l’Alzheimer’s Society, au Royaume-Uni, que le film a même pu être réalisé. Évidemment, exigence de silence et recommandation de bibliothécaire : « A regarder en plein écran, avec SES ÉCOUTEURS ! » 

 

 

 

Le petit bonheur que l’on ne saurait se refuser, c’est celui du montage et de la réalisation, avec un Behind the Scenes que Jason LaMotte commente avec ferveur.