The Master (DVD): secte, mensonges et trahisons

Xavier S. Thomann - 10.06.2013

Culture, Arts et Lettres - Cinéma - The Master - Paul Thomas Anderson - Sortie DVD


Certains ont vu dans The Master un portrait déguisé du fondateur de l'Église de Scientologie L. Ron. Hubbard, qui fut aussi un auteur de science-fiction. La production s'est défendue de toute critique, même voilée, envers la Scientologie. En revanche, en revoyant le film, qui vient de sortir en DVD, on ne peut que remarquer les parallèles. 

 

 

 

 Copyright : Metropolitan FilmExport

 

 

L'époque est sensiblement la même : la fin de la Seconde Guerre mondiale et le début des années 1950. Une Amérique première puissance mondiale, mais qui porte le prix de ses sacrifices. Dans ces circonstances, certains se tournent vers des idées et des méthodes nouvelles pour se reconstruire. C'est ainsi qu'un personnage comme celui de Lancaster Dodd, leader du mouvement « The Cause », trouve ses fidèles, en promettant une vie de l'âme purifiée. 

 

Le destin du « Master » interprété par Seymour Hoffman présente quelques similitudes avec celui de Hubbard. Une tendance à faire flèche de tout bois (en combinant allègrement les savoirs), des problèmes récurrents avec les autorités, un passage en Angleterre, où le mouvement s'installe un temps. 

 

Toutefois, force est d'admettre que ce n'est pas l'attrait principal du film. The Master est moins l'histoire d'une secte que celle de deux hommes. Deux hommes qui se rencontrent par hasard et entre qui s'installe une relation complexe, d'asservissement et d'espoir de rédemption. 

 

Freddie Quell, le personnage de Joaquin Phoenix, revient de la guerre traumatisé, il peine à mener une vie normale. En s'insérant dans l'entourage de Dood, il peut espérer trouver la voie vers une certaine normalité. Mais à quel prix ? C'est l'une des nombreuses questions que pose le film, avec celles du conditionnement psychologique et de l'humiliation.

 

Bien sûr, le spectateur ne peut qu'être admiratif du travail de Paul Thomas Anderson. Malgré quelques longueurs, le dernier film du réalisateur de There will Be Blood (adaptation d'un roman d'Upton Sinclair) a une vraie dimension esthétique qui n'est jamais pour autant esthétisante. Chaque plan combine simplicité et raffinement. Le tout avec deux acteurs au sommet de leur forme. À revoir. 

 

 

 

The Master, écrit et réalisé par Paul Thomas Anderson, Metropolitan Film & Video, 2h13.